Bois-Préau

 

Le parc de Bois-Préau est ouvert tous les jours sauf les mardis, en accès libre :

Horaires d'ouverture guérite principale et chalet allée Sophie :

  • du 1er octobre au 31 mars de 9h30 à 18h (fermeture à 17h le 24, le 25 et le 31 décembre, ainsi que le 1er janvier)
  • du 1er avril au 30 avril de 9h30 à 19h
  • du 1er mai au 30 septembre de 9h30 à 20h sauf le lundi à 19h

Guérite Jean le Coz : fermeture 15 minutes avant

Guérite Charles Floquet : fermeture 30 minutes avant
 


 

Histoire de Bois-Préau

 

D'abord simple fief de la très riche abbaye de Saint-Denis, la terre de Bois-Préau est achetée conjointement en 1696 par Frédéric Léonard et par son fils Frédéric-Pierre Léonard, tous deux imprimeurs et libraires ordinaires du Roi. Sur le terrain de dix-sept hectares - qui correspond encore de nos jours à la superficie du parc - ils font bâtir entre 1697 et 1700 une assez vaste demeure entourée de jardins agrémentés de pièces d'eau. Le fils de Frédéric-Pierre s'en sépare en 1747 en faveur d'un ancien marmiton, Jean Garnier, devenu maître d'hôtel de la reine Marie Leszczynska ; jusqu'en 1765, Garnier embellit le domaine en créant une maison de bains et en ornant le parc de statues. Après être resté neuf ans propriétaire de Bois-Préau, de 1765 à 1774, le comte de Prie vend la propriété au banquier Louis Julien qui y meurt en 1796. C'est sa fille, Anne-Marie Julien, qui refusera toujours de vendre Bois-Préau à Bonaparte, en dépit des propositions avantageuses qui lui sont faites. Il faudra attendre la mort accidentelle de la vieille fille, retrouvée noyée dans la pièce d'eau du parc le 9 mars 1808, pour que Joséphine puisse enfin étendre son domaine en direction du village de Rueil.

Après avoir fait sonder les héritiers, l'Impératrice ne peut résister à agrandir sa propriété, au point que Napoléon lui écrit depuis Schönbrunn en septembre 1809 : "La maison de la vieille fille ne vaut que 120.000 F, ils n'en retireront jamais plus. Cependant, je te laisse maître de faire ce que tu voudras, puisque cela t'amuse, mais une fois achetée, ne fais pas démolir pour y faire quelques rochers". Trois semaines après le divorce, il lui fait parvenir 200.000 F pour acheter Bois-Préau et le contrat est signé le 29 janvier 1810. Après avoir fait abattre les murs séparant Malmaison de Bois-Préau, on peut désormais aller à Rueil sans sortir de la propriété. Joséphine y loge plusieurs personnes de son service comme le médecin ou l'intendant et en profite pour y placer le surplus de la bibliothèque de Malmaison (7 500 volumes), y aménager une salle pour les archives du domaine ou y abriter une partie de son cabinet d'histoire naturelle.

La mort de l'Impératrice interrompt les travaux entrepris par Louis-Martin Berthault dans les jardins qu'elle envisageait de remodeler. Bois-Préau continue d'être entretenu par son fils et héritier, le prince Eugène et lorsqu'il meurt en 1824, sa veuve vend la propriété à des négociants parisiens en 1828. En 1853 la propriété trouve un nouvel acquéreur en la personne d'Edouard Rodrigues-Henriques, bienfaiteur de Rueil, qui réunit à Bois-Préau artistes et musiciens comme les compositeurs Fromental Halévy, qui avait épousé sa cousine germaine, ou Georges Bizet qui avait épousé la fille d'Halévy. Il entretient également une abondante correspondance avec George Sand qui lui avait été présentée par Alexandre Dumas. Avec elle, il choisit les livres à acheter pour la bibliothèque destinée aux pauvres de Rueil, tandis que sa femme, Sophie Rodrigues, crée une crèche de vingt berceaux. Mais le château n'était pas en très bon état, et le premier soin d'Edouard Rodrigues est d'en faire démolir les ailes et de faire reconstruire la plus grande partie du corps central en 1854 par son architecte qui était peut-être Alfred-Louis Feydeau, l'oncle du célèbre écrivain.

Lorsque Rodrigues-Henriques meurt en 1878, ses enfants vendent Bois-Préau dès l'année suivante au journaliste Jouvin qui avait ressuscité le Figaro avec son beau-père Villemessaint. Après être passée de mains en mains, la propriété est achetée sous réserve d'usufruit en 1920 par un autre couple de grands bienfaiteurs de Rueil, Edward Tuck et son épouse Julia Stell. Ils offrent Bois-Préau et son parc de dix-sept hectares aux Musée nationaux en 1926 afin d'en faire une annexe du musée de Malmaison.