Assiette plate de dessert du "service particulier de l'Empereur"

Assiette plate de dessert du "service particulier de l'Empereur"

Assiette plate de dessert du "service particulier de l'Empereur"

Malmaison à travers 28 oeuvres
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Origine et date: 
1808
Artiste(s): 
1778
1855

Porcelaine dure

D 23,7cm

Le 4 novembre 1807, depuis les environs de Berlin, l'intendant général Daru informe Alexandre Brongniart de la volonté de l'empereur de disposer d'un service personnel dont le décor doit être beau, sans batailles ni noms, sans sujets insignifiants; il doit être constitué d'allusions indirectes à des souvenirs marquants. La sélection privilégie les campagnes militaires d'Egypte, d'Italie, d'Autriche, de Prusse et de Pologne, des vues de monuments de Paris, des palais impériaux, des grands travaux, les oeuvres de l'Empire. Exécuté de 1807 à 1810, livré le 27 mars 1810, le service de dessert devait compter soixante-douze assiettes. Sur fond vert de chrome, grâce à un procédé mis en place par le chimiste Vauquelin, le marli s'orne d'une frise d'inspiration militaire formée de glaives antiques, de lauriers et d'étoiles, dessinée par l'architecte Alexandre Théodore Brongniart.

Le fond représente Malmaison d'après la gravure de Perdoux sur un dessin de Florent Fidèle Constant Bourgeois publiée dans la Description des nouveaux jardins de la France d'Alexandre de Laborde. Mais, à la différence de la gravure, Napoléon, reconnaissable à son chapeau, a disparu. Ainsi les instructions impériales sont-elles appliquées et le principe d'allusion est respecté. Cette discrétion s'avérera judicieuse puisque le service sera utilisé pour le banquet de mariage de l'Empereur avec l'archiduchesse Marie-Louise.

A la chute de l'Empire, tandis que soixante assiettes partent à Sainte-Hélène avec les effets de l'Empereur, les autres, demeurées à Paris, sont intégrées, dont celle-ci, au service dit "riche" de Louis XVIII, qui fait disparaître les marques de la manufacture de l'époque impériale.