Chaise, vers 1803

Chaise, vers 1803

Chaise, vers 1803

Malmaison à travers 28 oeuvres
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Acajou, citronnier, ébène, étain

H. 0,870; L. 0,460, Pr. 0,410

Cette chaise appartient à une série de douze intégralement conservée à Malmaison; elles proviennent du Mobilier national, qui les y déposa en 1916? D'un modèle particulièrement élégant, elles présentent deux pieds antérieurs tournés en balustres effilés, tandis que les pieds postérieurs sont arqués, selon une courbe qui, en se prolongeant, forme les montants du dossier. Ce dernier, à crosse, constitue la partie la plus riche de ces sièges par ailleurs relativement dépouillés; la partie inférieure est ajourée et présente une rangée de cinq balustres plats incrustés de citronnier, d'ébène et d'étain; à la partie supérieure, un grand compartiment de citronnier offre un délicat décor à l'incrustation d'ébène et d'étain, composé d'une large palmette à l'antique accompagnée de rinceaux et de fleurs stylisées.

Les chaises portent l'estampille Jacob Frères rue Meslée, correspondant à la période 1796-1803 durant laquelle les deux frères Jacob, fils de Georges – Georges II et François-Honoré-Georges – collaborèrent. Les douze chaises furent acquises en 1805 par Murat, afin de meubler le palais de l'Elysée, à Paris, qui fut sa résidence de 1805 à 1808; alors garnies de maroquin rouge, elles meublaient la bibliothèque du premier étage. En 1808, Napoléon prit possession du palais de l'Elysée et son mobilier, dont ces chaises, que l'on retrouve intactes dans la même pièce au moins jusqu'en 1833. En 1855, garnies de maroquin vert, elles meublaient la salle à manger des grands appartements du premier étage du palais. Indiscutablement exécutés au plus tard en 1803, ces douze chaises illustrant avec une grande pureté la perfection et la qualité de la production des ébénistes parisiens durant le Consulat. L'usage de la maroquerie, exceptionnel à cette époque, rend plus précieuses encore ces chaises que Joséphine put admirer à l'Elysée.