Coffre à bijoux-écritoire de l'impératrice Joséphine

Coffre à bijoux-écritoire de l'impératrice Joséphine

Coffre à bijoux-écritoire de l'impératrice Joséphine

Malmaison à travers 28 oeuvres
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Origine et date: 
1806
Artiste(s): 
1764
1843

Ce remarquable petit meuble réalisé par le célèbre tabletier Martin-Guillaume Biennais, dont l'enseigne Au singe violet était connue de tout Paris, appartient à la catégorie des nécessaires qui servaient aux usages quotidiens de l'impératrice Joséphine. Il est actuellement exposé dans la chambre ordinaire à la place qu'il occupait sous l'Empire. C'est la première femme de chambre qui veillait sur l'écrin de l'impératrice et en conservait la clé. Il renfermait les diamants, les camées et les innombrables parures en pierres précieuses qui accompagnaient les toilettes de Joséphine.

Ce meuble est composé d'une table sur lequel repose un coffre. Une clé mobile s'encastrant dans une des parois permet, grâce à un système de vis, de le fixer sur son support ou bien sur un parquet. Il était ainsi possible de transporter ce coffre dont l'organisation intérieure montre qu'il pouvait à la fois servir d'écritoire et de serre-bijoux. L'entrée de la serrure est dissimulée par un médaillon ovale portant le chiffre de Joséphine.

Le décor, particulièrement raffiné, est constitué de rosaces en acier poli réunies par des rangées et des croisillons de perles en acier facetté. A la fin du XVIIIe siècle, le travail de l'acier, déjà très en faveur pour le décor des meubles et les bijoux, prend de plus en plus d'importance avec les règlements révolutionnaires qui interdisent l'utilisation des métaux précieux.

Il existe plusieurs exemples de petits coffrets ornés d'acier. L'un d'eux est au musée de Malmaison: il a appartenu à l'impératrice Joséphine, dont l'inventaire après décès mentionne plusieurs de ces boîtes. Il s'agit d'un nécessaire de toilette livré en 1806 par l'ébéniste Félix Rémond. L'auteur des décorations est probablement Reynard Schey, le seul fabriquant important d'acier poli établi à Paris sous l'Empire, alors que la célébrité des ouvrages en acier revenait à la ville de Vienne en Autriche. L'entreprise Schey, établie rue du Faubourg-Saint-Denis, reçut une médaille d'argent aux expositions des produits de l'industrie en 1801 et en 1806 pour ses ouvrages de bijouterie en acier, d'une "belle exécution et d'un beau poli".

 

C.J.