L'Amour lançant ses traits et s'envolant

L'Amour lançant ses traits et s'envolant

L'Amour lançant ses traits et s'envolant

Malmaison à travers 28 oeuvres
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Origine et date: 
1808
Artiste(s): 
1768
1845

Plâtre original peint à l'imitation du bronze

H. 0,139; L. 0,123, l. 0,110

 

En 1808, François-Joseph Bosio exposa au Salon, sous le numéro 642, un plâtre, longuement mûri semble-t-il, l'Amour lançant ses traits et s'envolant, que l'impératrice Joséphine aurait découvert un soir, lors d'une visite aux flambeaux. Séduite par la grâce de l'oeuvre, qui s'inspirait du Mercure volant de Jean Bologne, un artiste réputé présent dans la grande galerie de Malmaison, elle en commanda une exécution en marbre. Ainsi fut lancée la carrière d'un sculpteur que Dominique Vivant Denon, en surintendant des Musées impériaux, avait recommandé à l'Empereur le 13 octobre 1808, lorsqu'il lui écrivit à propos des artistes du Salon: "le dernier, [Bosio], entr'autres, vient pour début de faire un chef d'oeuvre égal à tout ce qui a été fait de plus parfait depuis la renaissance des arts".

Le 14 novembre 1808, Denon demandait au ministre de l'Intérieur de délivrer à l'artiste "un bloc de 5 pieds de haut sur 4 pieds carrés sur toutes faces". Le marbre fut exposé au Salon jusqu'en 1812, puis rejoignit Malmaison où Joséphine le plaça dans le salon de la serre chaude. Il y est décrit en 1814 sous le numéro 1575: "item une statue en marbre blanc représentant l'amour dans une attitude de lancer un trait par M. Bosio, posé sur un piédestal circulaire en marbre blanc orné de guirlandes et de fleurs". Estimé 3 000 francs et attribué au prince Eugène, le marbre de Bosio fut envoyé à Munich, d'où il passa en Russie avec les autres collections des Leuchtenberg. Confisqué au moment de la révolution russe, il entra en 1922 au musée de l'Ermitage. En 2011, Malmaison faisait l'acquisition, lors de la vente du palais abbatial de Royaumont, de ce plâtre de grande qualité, issu d'un moule à pièces dont les coutures ont été erasées après reparage, il présente une armature métallique complexe qui a été analysée à la radiographie. Sa restauration a permis de mettre au jour, sous le badigeon noir de surface et quatre repeints noirs ponctuels, une première couche de couleur vert antique en orpiment. La qualité du modelé, en particulier de la chevelure et des plumes des ailes, ainsi que la présence des repères de la mise au point, accréditent l'hypothèse de voir en cette oeuvre le plâtre exposé au Salon de 1808. Entre le modèle et son exécution de marbre, des divergences sensibles ont été notées au niveau du positionnement des membres et des ailes ainsi que de la chevelure, plus abondante et plus nerveuse sur le plâtre.