Lit de l'Impératrice

Lit de l'Impératrice

Lit de l'Impératrice

Malmaison à travers 28 oeuvres
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Bois sculpté et doré

H. 1,750; L. 2,160; Pr. 1,570

Estampillé JACOB D R MESLEE, le lit, à deux chevets inégaux, est porté par quatre pieds formés par la pointe de cornes d'abondance. A la tête, les cornes sont surmontées de deux grands cygnes, ailes dressées et cou replié; au pied, les cornes sont remplies de fleurs et de fruits. Sur la traverse sont sculptés de larges rinceaux se terminant par des fleurs de lotus d'où s'échappe une épaisse guirlande de fleurs au centre de laquelle un médaillon contient le monogramme J. En 1812, Joséphine décida de réaménager totalement sa grande chambre à coucher de Malmaison, confiant à son architecte Louis-Martin Berthault (1770-1823) le soin d'en renouveler le décor et l'ameublement. Berthault donna alors à la pièce la forme en rotonde, évoquant une tente, dont nous voyons encore la reconstitution voulue par Napoléon III en 1865. Le lit, de même que les sièges, fut livré par Jacob-Desmalter, mais c'est très vraisemblablement Berthault qui fournit le dessin de la couchette, assez proche de celle qu'il dessina peu de temps auparavant pour l'impératrice à Compiègne. Un dessin pour le lit de Joséphine, sans doute un projet de la main de Berthault, offrant quelques variantes avec le modèle finement exécuté, fut acquis par le musée en 2005. C'est dans ce lit que Joséphine rendit le dernier soupir le 29 mai 1814. Echu en partage au prince Eugène, il fut emporté à Munich, en même temps que l'ensemble du décor de la chambre de Joséphine. En 1865, selon la volonté de Napoléon III, la chambre de sa grand-mère fut restituée d'une manière aussi exacte que possible, sur la base d'une aquarelle de Loeillot (collections royales suédoises); en 1868, le duc de Leuchtenberg, petit-fils d'Eugène, offrit à l'empereur le lit original qui put ainsi reprendre sa place; en revanche, un ciel provenant d'un appartement de Fontainebleau au XIXe siècle remplace l'original, perdu. A nouveau vidée de son décor et de ses meubles en 1870, la chambre ne retrouva son lit qu'en 1906, au moment de l'ouverture du musée.