Table de lit formant nécessaire, vers 1797-1800

Table de lit formant nécessaire, vers 1797-1800

Table de lit formant nécessaire, vers 1797-1800

Malmaison à travers 28 oeuvres
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Origine et date: 
vers 1797-1800
Artiste(s): 
1764
1843

Portée par quatre pieds de lions, la table présente un faux miroir en façade, dont la serrure commande l'ouverture du meuble. Le plateau se divise en trois parties: au centre un pupitre mobile à crémaillère gainé de cuir dissimule à son revers un miroir bordé d'une moulure de bronze doré; de part et d'autre sont disposés deux plateaux symétriques à contour arrondi, en oreille. En se redressant, le pupitre-miroir dégage un casier contenant les ustensiles composant le nécessaire: flacons, boîtes en argent doré marquées du chiffre JB, ciseaux, baignoire à oeil, pince, brosse, porte-mine, etc. A l'arrière de la table peuvent se fixer de petits bras de lumière mobiles et articulés à une bobèche, en argent. On remarquera le rôle important joué par la marqueterie dans ce petit meuble d'une grande préciosité: losanges de sycomore à filets d'étain aux attaches des pieds, frise de cercles d'étain enchaînés sur fond d'ébène autour des plateaux latéraux, encadrement de losanges et de cercles alternés en étain et sycomore autour du pupitre. Incrustées en étain sur les plateaux latéraux de la table, les lettres JB sont les initiales de Joséphine Bonaparte. La serrure porte la signature du tabletier: "Biennais, Md Ebeniste, au Singe Violet, rue Honoré, 511". C'est donc en tant que tabletier que le futur orfèvre de l'Empire signe ici son oeuvre, et non comme orfèvre. C'est la raison pour laquelle les objets de vermeil composant le nécessaire portent, outre le poinçon de titre de 1797 (une tête de sanglier dans un ovale), celui de l'orfèvre Marie-Joseph-Gabriel Genu, dont la collaboration avec Biennais se prolongera jusqu'aux premières années de l'Empire. La table de Joséphine apparaît en 1824 dans l'inventaire après décès de son fils Eugène; elle est alors décrite dans l'antichambre de l'impératrice. Rachetée par Napoléon III, lors du remeublement de Malmaison, elle entra au garde-meuble en 1870. Le Mobilier national la déposa ensuite à Malmaison.

 

G.M.