Table dite d'Austerlitz

Table dite d'Austerlitz

Table dite d'Austerlitz

Malmaison à travers 28 oeuvres
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Origine et date: 
Commandée en 1806 à la Manufacture de Sèvres
Artiste(s): 
1760
1843
1751
1843

Plateau peint par Jean-Baptiste Isabey 1767-1855

Piétement sculpté par François-Antoine Gérard 1760-1843

Bronzes de Pierre-Philippe Thomire 1751-1843

 

Porcelaine, bronze doré, âme de chêne

H. 0,900

D. 0,970 (plateau)

 

Cette table fut commandée en 1806 à la manufacture de Sèvres, en même temps que trois autres tables sur divers sujets: portraits de la famille impériale, des grands capitaines, et statues antiques du musée (seule la seconde fut exécutée; elle appartient aujourd'hui aux collections royales britanniques). Le dessin d'ensemble fut confié à Percier qui choisit, pour le plateau, le parti d'un médaillon central avec le portrait de l'Empereur, entouré de rayons portant des noms de batailles et séparant de plus petits médaillons avec les portraits de ses compagnons (c'est improprement que cet ouvrage fut parfois appelé table des Maréchaux).

Achevée en 1810, la table fut envoyée au palais des Tuileries, puis dans la grande galerie du Louvre; en 1812, elle fut exposée au Salon sous le nom de l'auteur des médaillons, Isabey, dont c'était quasiment la première réalisation sur porcelaine. A la chute de l'Empire, elle fut renvoyée à la manufacture, avec le projet d'en faire effacer l'effigie de Napoléon. Après diverses vissicitudes, elle fit l'objet d'un échange avec le collectionneur Tochon contre sa collection de bronzes antiques, puis passa à la famille de Serres, amis d'Isabey. Elle connut plusieurs propriétaires privés et fut enfin acquise en 1929 pour le musée de Malmaison grâce à une somme de 400 000 francs généreusement offerte in extremis par Edward Tuck.

Isabey dut puiser à diverses sources pour les modèles de ses portraits: les grands portraits de la salle des Maréchaux aux Tuileries, ceux des ministres et grands dignitaires à Compiègne. Pour d'autres personnages, il eut recours aux portraits appartenant aux modèles eux-mêmes, mais, pour le principal personnage de ce plateau, c'est tout naturellement au portrait officiel en grand costume de son ami Gérard qu'il emprunta le visage de l'Empereur.

 

A.P.