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Aimé Bonpland et l’intendance du domaine de Malmaison (1808 – 1814)

Article rédigé par Christophe Pincemaille

Aimé Bonpland et l’intendance du domaine de Malmaison (1808 – 1814)

Aimé Bonpland et l’intendance du domaine de Malmaison (1808 – 1814)

Article paru dans le Bulletin de la Société des Amis de Malmaison, 2017, n° 51, pp. 58-75

 

Aimé Bonpland et l’intendance du domaine de Malmaison

(1808 – 1814)

 

 

par Christophe Pincemaille

chargé d’études documentaires principal, attaché à la conservation du musée national du château de Malmaison.

 

 

 

 

 

Rétrospectivement Aimé Bonpland dut sans doute se sentir un peu honteux pour s’être réjoui trop vite de sa nomination comme botaniste et intendant de Malmaison. Il est vrai qu’à la fin de l’année 1808, quand Joséphine lui proposa de succéder à Pierre Ventenat, son botaniste en titre qui venait de mourir, pour poursuivre sa laborieuse entreprise de description des plantes rares de la serre chaude, il éprouva une fierté légitime d’être distingué par l’impératrice. Il avait trente-cinq ans et vivotait depuis son retour d’Amérique du Sud en 1804. Les conditions qu’on lui faisait étaient alléchantes : traitement confortable de six mille francs, logement sur place, reconnaissance quasi officielle de ses compétences scientifiques et de son aptitude à prendre la relève d’un éminent savant. Le 17 décembre 1808, dans une lettre à ses parents, il ne cachait d’ailleurs pas sa joie : « J’ai été nommé par S.M. l’Impératrice son botaniste et chargé du soin de décrire les plantes de Malmaison, ainsi que le faisait M. Ventenat avant sa mort, mais à ce titre sans profit et à beaucoup d’honneur s’en est joint un autre qui est non moins honorable et qui de plus a l’avantage d’être profitable. S.M. l’Impératrice vient de me donner depuis quelques jours seulement une marque bien grande de sa confiance. Elle m’a nommé intendant de son domaine de Malmaison et des propriétés voisines. C’est donc moi qui désormais gérerai ses biens. J’ai pris connaissance de toutes les terres, des dépenses, des revenus, etc. Dans peu de jours je serai au courant et j’espère commencer mon administration avec l’année prochaine. L’activité que je mets dans mon nouvel emploi me fait espérer que je prouverai dans la suite le bon choix qu’a daigné faire de moi l’Impératrice. »[1]

Rien ne présageait, bien sûr, que le divorce impérial serait prononcé le 17 décembre 1809, soit un an exactement jour pour jour après la rédaction de cette lettre. La donne fut alors entièrement chamboulée. En 1808, l’emploi proposé tenait presque de la sinécure.  Bonpland n’était pas obligé de suivre l’exemple de son prédécesseur et de se tuer à la tâche. La direction du domaine ne le surmenait pas. Il s’occupait essentiellement de percevoir les fermages, de gérer le troupeau de mérinos, de superviser les travaux dans les jardins et dans les serres. Le reste relevait de la Maison de l’Empereur ou de celle de l’Impératrice[2]. Malheureusement pour sa tranquillité, à partir de décembre 1809, Malmaison, qu’on habitait que très occasionnellement, accéda au statut de résidence officielle et surtout permanente de Joséphine. Celle-ci, conformément à la volonté de l’empereur, conservait son titre et son rang d’impératrice, parce qu’elle avait été couronnée à Notre-Dame le 2 décembre 1804. Dans les faits et au quotidien, le changement fut brutal. Il se confirma que le château, malgré des réaménagements intérieurs entrepris sous le Consulat pour le rendre plus fonctionnel, répondait mal aux exigences d’un palais impérial. D’autant que l’impératrice Joséphine conservait une Maison, au bas mot, près de deux cents personnes, qui remplissaient leur service auprès d’elle – mais fort heureusement par roulement - depuis les valets de pied de la livrée jusqu’aux officiers et aux dames du service d’honneur ou aux écuyers, piqueurs, cochers et palefreniers des écuries. Tout ce petit monde débarqua à Malmaison. Il fallut s’entasser. On campa et l’on improvisa une manière de vie de cour dans un cadre conçu pour la vie champêtre et des séjours de courtes durées.

La mise en place d’une administration de la Maison de l’impératrice Joséphine, calquée sur celle du Trésorier général de la Couronne, avec ses lourdeurs hiérarchiques et ses procédures tatillonnes, compliquèrent le travail de Bonpland, qui dépendait de l’intendant général[3]. De surcroit, on ajouta à ses responsabilités l’intendance du domaine de Navarre, situé aux portes d’Evreux, que Napoléon avait adjoint à la dotation de son ex-épouse sous la forme d’un duché grand fief. L’empereur s’était montré généreux envers Joséphine. Mais en contrepartie de l’apurement de ses anciennes dettes, il exigea un ordre absolu dans ses dépenses. Ainsi, conditionna-t-il le versement d’un tiers de la rente annuelle de trois millions qu’il lui allouait, à l’équilibre de ses comptes. Révolu le temps de l’insouciance et des arrangements obscurs avec les créanciers auxquels se livrait Ballouhey, le secrétaire de la Cassette, pour camoufler des déficits abyssaux. En nommant le 29 juin 1811 Casimir Guyon de Montlivault[4] intendant général de la Maison de l’impératrice Joséphine, l’empereur choisit un gestionnaire rigoureux mais obtus, de sorte, espérait-il, qu’il n’aurait plus à déplorer le moindre faux pas dans la tenue des budgets. La reprise en main fut douloureuse, à cause notamment du laxisme, voire du coulage, qui sévissait dans les services de la bouche et des écuries.[5]

Le dilettantisme dont Bonpland faisait preuve parfois exaspérait Montlivault. Leurs relations ne cessèrent de se tendre, comme en témoigne cette lettre, parmi d’innombrables autres, datée du 8 février 1813: « Je reçois dans l'instant, mon cher Bonpland, la lettre dans laquelle vous vous plaignez d'une erreur faite dans mes bureaux. J'ai examiné la chose moi-même et j'ai reconnu qu'il n'y en avait aucune. Je me rappelle à merveille l'autorisation de 300 frs que je vous ai donnés pour les travaux d'extraction des arbres donnés par Sa Majesté, mais vous devez vous rappeler aussi que sur les 1 000 accordés supplémentairement par l'Impératrice pour l'entretien des jardins, je ne mis à votre disposition que la somme de 1 800 frs, gardant le reste pour suppléer à d'autres demandes que je prévoyais. La première de ces demandes reste la somme de 300 frs pour l'extraction des arbres. Je vous l'ai accordée en donnant ordre dans mes bureaux de l'imputer sur ce reste de 1 200 frs depuis ce temps vous êtes parvenu à savoir, quoique je ne vous l'ai pas fait connaître officiellement, que le fonds supplémentaire était plus considérable que je ne vous l'avais annoncé et vous avez fait des dépenses en conséquence. Il en résulte que vous avez dépassé de quelque chose ce qui était accordé par Sa Majesté et que la somme de 300 frs destinée aux frais d'extraction n'est plus intacte. Il n'y a donc point d'erreur commise et M. Millerand ne peut être accusé d'inexactitude. Tout le mal vient de ce que sachant ce que je ne vous avais pas fait connaître, vous avez été plus loin que le contenu textuel de mes lettres. Au reste il ne s'agit dans tout cela que d'un dépassement de 18, 39 frs qui se trouvera facilement compensé par l'économie obtenue sur le budget de Malmaison. Je demanderai à Sa Majesté la permission de couvrir de cette manière cette légère irrégularité et si elle veut bien y consentir, tout rentrera dans l'ordre accoutumé. Je prendrai de même les ordres de Sa Majesté sur l'ouvrage de M. Michaux et la galerie de Florence.»[6] Bonpland était accablé par cet autoritarisme qui l’excédait, mais il ne faut pas oublier que l’intendant général était seul responsable devant l’empereur.

A la fin de l’exercice de cette même année 1813, il dut produire, par exemple, 421 pièces à l’appui des paiements qu’il avait engagés ![7] Or, à la différences de ses autres collègues, il n’était pas un rond de cuir tanné à l’esprit de bureau. L’explorateur et le botaniste qui sommeillaient en lui, se pliaient mal à la discipline de travail que Montlivault attendait de ses subordonnés. Il en résulta des tensions permanentes, des rappels répétés au règlement, parfois des pénalités sur son traitement à cause de ses négligences. On est bien loin de l’image du savant absorbé par l’observation des plantes et plongé dans leur description, loin des contingences matérielles. Il était accaparé par ses obligations et rares étaient les moments où il pouvait se réfugier dans les serres et s’adonner sans retenue à ses travaux scientifiques.[8] Toutefois, malgré son dépit et la frustration qu’il éprouvait d’être détourné de la partie la plus noble de ses fonctions, jamais son dévouement envers Joséphine ne se démentit. Il eut certainement conscience de contribuer à quelque chose d’exceptionnel, pour ne pas dire d’unique. En effet, ses attributions le plaçaient à un niveau de complicité avec l’impératrice sans équivalent au sein de la Maison et que peu de serviteurs ont partagé à ce degré, parce qu’il fut associé à la poursuite de son dessein le plus intime. Pour cette raison, il en était jalousé.

 

Joséphine avait renoncé à la couronne par esprit de sacrifice, une manière aussi pour elle de donner à Napoléon un ultime et irréfutable gage de son attachement. Elle se résigna à n’être plus rien, mais elle ne sera jamais dupe des honneurs que les autorités lui rendront par la suite. Tout cela sonnera creux, comparé aux grandeurs qu’elle avait partagées avec l’empereur. On ne saurait dire si elle avait anticipé sa répudiation, car la menace d’un divorce la poursuivait depuis tant d’années qu’elle avait fini par s’y habituer, mais c’est un fait qu’elle avait continué à accroître et embellir sa terre de Malmaison. Quand elle quitta les Tuileries et vida dans la précipitation ses appartements, par ce jour sinistre de décembre 1809, elle disposait - et c’était consolant -  d’un refuge sûr où se replier le temps de se ressourcer et de se reconstruire. Libérée des contraintes de la vie publique, à l’écart de la cour, ayant abandonné le monde des apparences pour d’autres richesses, elle retrouva une réalité plus conforme à ses aspirations. Malmaison serait son point d’ancrage, le havre où amarrer sa barque sans se noyer dans son chagrin. Un nouveau cycle allait démarrer, qui serait placé à la fois sous le signe des économies domestiques au nom de la rigueur budgétaire que Napoléon lui imposait et de la reconnaissance de sa dignité universellement saluée. Elle n’était pas tombée du trône et elle n’expiait aucune faute. Elle en était descendue de son plein gré, se pliant aux impératifs de la politique de l’empereur. La petite créole n’avait certes pas reçu au berceau le titre d’Altesse impériale, mais personne ne lui contestait celui d’impératrice. Elle le portait sans démériter depuis cinq ans et elle l’emportera dans la postérité de son caveau. Il est important de le rappeler, parce que c’est cette femme-là, à la fois icône et de chair, que Bonpland a servie. Elle le subjuguait au point que sa mort le 29 mai 1814 le priva de tout repère et qu’il finira sa vie lamentablement dans les confins de l’Amérique latine.

            En décembre 1809, Joséphine était revenue à Malmaison pour ne plus en repartir, hormis pour des séjours en Normandie et quelques voyages. Elle avait déniché son petit coin de paradis en 1794 au hasard d’une promenade et elle avait su convaincre Napoléon de s’y intéresser, quand elle apprit, quatre ans plus tard, que le domaine était à vendre. Depuis, le lien indéfectible qu’elle entretenait avec cette terre, né d’un coup de foudre pour un endroit qui lui renvoyait l’image sans doute idéalisée du jardin de son enfance, ne s’était jamais démenti, malgré les événements qui bousculèrent sa vie privée et l’en éloignèrent souvent. Bonpland fut le témoin privilégié de ce retour et le dépositaire de ce secret bien gardé. En effet, rien ne résume mieux Joséphine que son jardin. Il la révèle parfaitement, plus précisément que ne le feraient sa correspondance ou les témoignages de ses familiers. Il porte son empreinte digitale, il est l’expression la plus aboutie de sa recherche du bonheur. Par pudeur, par prudence aussi, elle se livrait fort peu, ni à ses rares confidents, ni aux peintres pour lesquels elle accepta de poser. Les portraits que nous ont laissés Isabey, Gérard, Prud’hon ou Massot ne percent pas les mystères d’une âme qui se protégeait des indiscrétions en arborant un sourire hiératique de circonstance.

Elle n’interdisait à personne l’accès de son jardin, elle regrettait même souvent qu’il fût plus fréquenté que son salon. Elle partageait volontiers sa promenade quotidienne avec ses hôtes de passage. Mais leur avouait-elle que les allées qu’ils empruntaient, les vallons sauvages qu’ils traversaient, les berceaux d’arbres dont l’ombrage les protégeait du soleil de plein midi, la rivière et ses cascades qui les rafraîchissaient à l’heure des fortes chaleurs de l’été, les fleurs aux parfums entêtants qui au printemps prolongeaient leur plaisir, que tout cela avait été voulu et distribué par elle afin de transposer dans le monde la réalité de ses rêves ? Devant qui aurait-elle reconnu qu’elle avait remodelé Malmaison en reproduisant la carte de ses chemins intérieurs, dont le tracé lui avait dicté le plan d’ensemble ? Avec qui se serait-elle suffisamment sentie en confiance pour oser un tel aveu et admettre l’à-propos d’une pareille confidence ? Sinon, peut-être, avec l’intendant de ses domaines, le gardien de son éden, qui veillait, comme elle le demandait expressément, qu'on fît pousser l'Amérique à Malmaison.

Entre 1810 et 1814, Malmaison atteignit son apogée, tant par son étendue, qui avait quadruplé en quinze ans et dépassait maintenant les 800 hectares, que par l’extrême raffinement qui avait inspiré ses aménagements. Le parc, redessiné après 1803 par Jean-Marie Morel selon la théorie qu’il avait développée du jardin paysager[9] et conformément au souhait de Joséphine, se présentait comme une sorte de galerie en plein air de tableaux sur le terrain.[10] Il anticipait ainsi celle qui sera construite au château dans le prolongement du salon de musique. Mais, à la différence des toiles de maîtres que possédait l’impératrice[11], son jardin inversait le rapport entre le sujet représenté et la peinture, puisque qu’il s’offrait de lui-même comme une série de tableaux projetés dans la nature. En ce sens, Bonpland était l’alter ego de Constantin, le garde des tableaux de l’impératrice, mais il n’avait besoin ni de pinceaux ni de vernis pour entretenir les paysages que composait la nature. Les jardiniers posaient les couleurs et sur les horizons venait se fixer la beauté du monde.

 

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Annexes

 

Les cent-cinquante pièces environ provenant des papiers d'intendance d'Aimé Bonpland que les Archives Nationales acquirent en deux lots, en 1968 et en 1969 et qui sont conservés sous la cote AB XIX 3272, font à moitié regretter la disparition malheureuse des archives de la Maison de l'impératrice Joséphine. Celle-ci, en effet, furent envoyées au pilon en 1825 selon les instructions de la princesse Auguste-Amélie de Leuchtenberg, la veuve d'Eugène de Beauharnais. A défaut de les publier toutes, j'en retiens deux exemples qui éclairent sur les attributions de l'intendant des domaines de Malmaison et de Navarre. Les occupations qui l'absorbaient relèvent davantage de celles d'un régisseur que d'un directeur de jardin d'expérimentation. Il suffira, pour s'en convaincre, de parcourir les feuillets de son registre de correspondance pour les cinq premiers mois de 1814.

 

            1 - Budget des dépenses ordinaires du domaine de Malmaison pour l'an 1810, présenté par l'intendant du domaine (A.N. AB XIX 3272)

 

 

Nature des dépenses

Crédits accordés

 pour 1809

Crédits accordés

pour 1810

Suppléments nécessaires pour solder des dépenses qui ont excédé les crédits accordés

Observations

Traitement de l'intendant

6000

6000

 

 

Gages des employés du domaine

15 000

26 000

8795

Ce supplément est nécessaire pour solder les gages et suppléments de gages qui jusqu'au 1er janvier 1809 ont été payés par le receveur sur les revenus. Il serait bien à désirer que S.M. accorde la somme de      26 000 fr pour les gages. Ce n'est qu'en payant exactement les hommes qu'on emploie, qu'on peut bien se faire servir et maintenir chacun à son devoir.

 

Gages des bergers

*

6000

*

Les gages des bergers pendant 1809 ne s'élèvent qu'à 5030 fr. L'augmentation demandée est fondée sur le nombre des moutons qui s'accroit tous les jours et sur le grand intérêt qu'il y a de remplacer les jeunes bergers par des hommes faits et instruits dans leur partie.

 

Traitement du médecin

*

600

600

Depuis cinq ans que M. de la Suzade est employé et demeure à Saint-Cloud, M. Lamoureux, médecin à Rueil, a constamment vu malades les employés de Malmaison. Il rend des services importants dans son art et sollicite des appointements fixes qu'il me semble juste de lui accorder.

 

Habillement des portiers

500

1500

*

Le budget de 1808 accordait 350 fr pour l'habillement de quatre portiers et d'un frotteur. L'augmentation que je demande est pour subvenir à l'habillement de six jardiniers, du marinier et de l'homme chargé de la ménagerie que Sa Majesté désire qui [qu'il] portât l'uniforme comme dans les autres palais impériaux.

 

Menues dépenses intérieures

2000

2000

*

*

Éclairage

500

500

*

*

Chauffage

1000

2000

*

Cette somme n'a jamais suffi pour le chauffage. De plus, il y a aujourd'hui la nouvelle galerie qui consomme beaucoup de bois et le salon de la grande serre.

 

Blanchissage

500

500

*

*

Bâtiments et

rivières

8000

*

*

25000

*

6000

6000

6000  sommes demandées par l'architecte

*

 

La somme de 9500 fr accordée annuellement pour l'entretien a toujours été insuffisante, la serre coûtant seule 6000 fr. Aussi a-t-on toujours payé l'arriéré seulement avec l'année courante.

Maintenant que l'on a ajouté aux bâtiments à entretenir le domaine de Buzenval, les bergeries et laiterie de Saint-Cucufa, la galerie, l'orangerie au dehors. La somme de 9500 fr primitivement accordée doit, pour le bon état et la conservation de l'ensemble des constructions actuelles être portée à celle de 25 000 fr.

Chaque année, on éprouve des ouragans et des vents extraordinaires qui nécessitent des réparations imprévues, comme celui du 8 janvier 1809, dont le procès-verbale et le devis portent les dégâts à réparer à 663, 55 fr. Il serait indispensable que Sa Majesté daignât accorder pour ces réparations un fonds supplémentaire de 6000 fr.

L'entretien des rivières, du parc, des ponts, des nouvelles pierrées pour la réunion des eaux de Saint-Cucufa, des bassins; les réparations de l'étang de Saint-Cucufa et de la pièce du bois Hudré, montera annuellement à la somme de 6000 fr.

 

Parcs et jardins

4000

10000

*

Le budget de 1808 accordait 5200 fr pour l'entretien du parc et des jardins. Les parties mises en agrément augmentant tous les ans d'une manière sensible et pour ne rien laisser dépérir de ce qui a été fait avec tant de frais jusqu'à ce jour, il faut, même en mettant beaucoup  d'économie, 10000 fr.

 

Serres et orangerie

5000

8000

*

Le budget de 1808 accordait 6000 fr et ils n'ont pas suffi pour les dépenses de l'année. Depuis cette époque on a construit deux serres, dont une surtout consomme beaucoup de bois.

 

*

42500

94100

21395

*

Ménagerie et faisanderie

*

3000

*

La ménagerie et l'oisellerie de Malmaison renferment des animaux qui ne se trouvent nulle part ailleurs en Europe. La faisanderie est une des plus riches, elle a produit à elle seule cette année plus qu'aucune autre de France en faisans dorés et argentés. Tous les animaux mangent. Ainsi il faut, ou les nourrir ou renoncer à en avoir.

 

Culture des terres

4000

4000

*

Le budget de 1808 accordait 5100 fr

Imposition

12937

12937

*

*

Rentes dont le domaine est grevé

2800

2800

*

*

Pour location d'une orangerie, d'une grange et d'un grenier

*

1200

1200

Cette somme a jusqu'au 1er janvier 1809 été payée sur les revenus par le receveur du domaine

Fonds de réserve

3000

3000

*

Le budget de 1807 accordait un fonds de 7000 fr

 

 

65237

121037

22595

 

Honoraires dus à MM Vignon et Thibault architectes sur l'exercice de 1806 pour divers travaux qu'ils ont dirigés

1369,31

 

 

Cette somme figure ici d'après la demande de M. le Trésorier général de la Couronne

 

 

            2 - Janvier - mai 1814 - Feuillets du livre de correspondance de Bonpland, lettres envoyées numérotées 1 à 79 (A.N. AB XIX 3272)

 

            Janvier 1814 (n° 1 à 23)

           

            Le 8, à M. de Montlivault, envoyé l'état des contributions supplémentaires dues par S.M. d'après le décret du 11 novembre 1813: sur Rueil = 2 699, 25 fr. ; sur la Celle = 114, 10 fr. ; sur Vaucresson = 334, 59 fr.. Total = 3 147, 59 fr. Manque les contributions dues sur Garches dont le receveur n'a pas encore envoyé l'état.

            Le 9, à M. de Beaumont[12], sur la demande qu'il m'a faite de lui faire connaître l'état du bois de chauffage qui se consomme dans le domaine. Savoir: 1° pour le chauffage du château = 30 ou 40 cordes[13]; 2° pour celui des serres 85 ou 95 cordes; 3° pour les employés suivant l'état donné dans le projet de budget 1814 = 57 . Total = 182 cordes.

            Le 9, à M. de Beaumont, en lui envoyant l'état des employés à l'atelier de charité[14] pendant la dernière semaine de 1813 et celui de la 1ère semaine de 1814 (566, 50 fr. + 617 fr.)

            Le 10, au garde Vosseur, pour l'autoriser à faire arracher du plan de bouleaux pour M. Biennais, d'après l'autorisation qui m'en a été donnée par S.M.

            Le 12, à M. de Montlivault, en lui envoyant les états suivants, savoir: états de menues dépenses

, à Mme Demesme (375 fr.), rôle des ouvriers employés en novembre. Total = 1309, 10 fr.

            Le 14, à M. de Montlivault, envoyé les états suivants.... fourniture de planches pour faire une bâche (30, 65) . Total = 819, 60 fr.

            Le 14, à M. de Montlivault en lui adressant l'état supplémentaire des contributions dues par S.M. au receveur de Garches d'après le décret du 11 novembre 1813 = 91, 37 fr.

            Le 15, à M. de Montlivault, envoyé l'état des divers ouvrages envoyés par M. l'intendant général le 3 décembre 1813 pour être déposés dans la bibliothèque de S.M. à Bois-Préau; observé que la livraison 64è de l'exemplaire en noir des Arbres et arbustes du Nouveau Duhamel par Loiseleur Deslongchamps[15] manquait...

            Le 15, envoyé à M. de Montlivault 1° l'état du ferrage des chevaux du 4ème trimestre (40, 20 fr.) 2° item des fournitures de poisson faites par Levasseur pendant le 4ème trimestre (36, 30 fr.) - item de 60 bottes de paille...

            Le 20, à M. le baron de Vitrolles, pour lui demander l'époque précise à laquelle il paierait ou ferait payer à S.M. la somme de 3 363, 47 fr. qu'il doit devoir sur la vente des moutons faite au gouvernement à Vitrolles, plus lui avoir demandé qu'il donne des ordres que les deux ballots de laine appartenant à S.M. soient livrés pour être déposés à la foire aux laines.

            Le 20, à M. Dupont, commissionnaire, pour qu'il mette de côté les ballots de laine n° 4 et 5, parce que j'irai les retirer sous peu de jours.

            Le 20, à M. de Montlivault, au sujet de la somme dues par M. de Vitrolles et au placement des deux ballots de laine appartenant à S.M. à la foire aux laines.

            Le 21, écrit à M. Boudeville que l'ouvrage des Monuments anciens et modernes de l'Hindoustan[16] avant la lettre n'a pas été envoyé à Malmaison et que je n'ai reçu à l'époque de la translation des bureaux de l'intendance générale, que la 6ème livraison du même ouvrage avec la lettre, laquelle fait suite aux cinq premières qui sont dans la bibliothèque de Sa Majesté.

            Le 22, envoyé à M. de Montlivault l'état des labours faits en décembre 1813 pour des semis de graines d'arbres verts (144, 53).

            Le 26, à M. le baron de Beaumont, en lui adressant deux états relatifs à l'atelier de charité (238, 50 + 205 = 443, 50).

            Le 26, à M. Deschamps, envoyé le double de mon compte général pour 1812 et l'état approximatif des choix pris à Navarre sur les coupes de 1813 ainsi que sur leur emploi.

            Le 26, à M. de Montlivault, les états suivants (18 fr.): habillement par Sandoz (770 fr.) - fournitures pour les serres par Fallot (77, 75 fr.) - nourriture des animaux par Navin, 5 derniers mois (130 fr.) - réparation d'un mur de clôture, fauches des luzernes, pour les vaches, les chevaux, les moutons, rôle d'ouvriers dans le parc et dans les serres.

            Le 27, écrit à M. de Montlivault que j'ai fait un versement de 1 200 fr. entre les mains de M. Lagrenée, produit d'un acompte du fermage de M. Trumeau, que je n'ai encore rien touché de M. Sanitas, mais qu'il va se rendre auprès de moi et que lorsque ses intentions me seront connues, j'en ferai part à M. de Montlivault. Ecrit à M. Deschamps pour lui annoncer versement ci-dessus.

            Le 27, à M. de Montlivault, pour le prévenir que d'après son avertissement, j'ai écrit à toutes les parties prenantes pour qu'elles m'adressent leurs mémoires de l'exercice 1813, que, malgré cette précaution, la fin du mois arrivera avant qu'ils soient tous rentrés. Je prie M. de Monlivault de faire observe à S.M. qu'il est impossible de faire rentrer certains mémoires et que d'après cela, il serait bon de ne pas disposer des fonds de mon budget sans que ces mémoires soient rentrés.

            Le 29, envoyé à M. de Montlivault 1° l'état des plantes achetées en 1813 pour la fête de S.M. (246, 25fr.) ; 2° it. des 10è et 11è livraisons de l'Herbier de l'Amateur[17] (21 fr.); 3) it. de trois ouvrages pour la bibliothèque (125 fr.)...

            Le 29, à M. de Montlivault, l'état d'une fourniture de fumier, faite par Leblond pour Navarre (24).

            Le 29, à M. de Montlivault, en réponse à sa lettre du 28 de ce mois, que j'ignorais l'arrêté pris par S.M. de ne pas payer le matériel et que les reproches qu'il m'adressait se trouvaient en contradiction avec [ill.] lettre qui me donnait l'ordre de lui envoyer tous les états à payer.

            Le 30, à M. de Beaumont, en lui adressant l'état des employés à l'atelier de charité pendant la dernière semaine (377, 50), observé que cet état portait les sommes dépensées à 6 337, 29 et que le fonds accordé était dépassé.

 

            Février 1814 (n° 24  à 37)

 

            Le 1er, à M. de Montlivault, réitéré la demande relative aux appointements du portier Baron et de l'homme de peine Etienne pour 1813 (720 + 800 = 1520 fr), supplié M. de Montlivault de présenter cette demande au 1er conseil.

            Le 9, à M. de Beaumont, en lui adressant deux états relatifs à l'atelier de charité pour la dernière semaine, y compris les cinq jours de février (487, 30 ), l'autre des 4 ouvriers employés aux travaux du jardin pendant ce mois de janvier (83) = 570, 30.

            Le 9, à M. de Montlivault, demandé avec insistance qu'il me fasse parvenir le budget de Malmaison.

            Le 10, écrit à Edeline que je vais solliciter auprès de M. de Montlivault le paiement des journées pour décembre et janvier, mais que d'après l'ordre de M. de Beaumont, il doit les renvoyer jusqu'à nouvel ordre.

            Le 11, à Sa Majesté, en lui demandant que le nombre des ouvriers désignés ci-après soit employé aux travaux des serres et du parc de Malmaison pendant le mois de février:

                        1° un bûcheron pour scier le bois des serres, ôter les bois morts du parc, les débiter, les fagoter, faire des pieux, des tuteurs, attacher les arbres, etc. (2 fr./j).

                        2° un homme au potager parce que le jardinier payé à l'année a soin de l'orangerie de Bois-Préau, de celle de la Chaussée, ce qui ne lui laisse pas le temps de passer plus de 3 ou 4 heures dans le potager (2 fr.).

                        3° dans le jardin, 5 ouvriers pour les labours et sur ce nombre il en sera détaché un chaque jour pour le ratissage des allées (10 fr.).

                        4° dans le jardin, un enfant pour une multitude de petits travaux pour lesquels il est inutile d'employer un homme (1 fr.).

                        5° pour les ananas, le fleuriste de Bois-Préau et les serres (2 fr.).

                        6° pour les petites serres confiées à Lhuillier, 1 enfant 1 à 35 fr./ mois.

                        7° pour la grande serre, un enfant ( 1 à 25 fr. / mois).

                        8° 2 hommes pour Buzenval.

                        [en marge : M. de Beaumont ne trouvant pas ma lettre du 11 m'en a fait faire une autre chez lui. Dans cette dernière j'ai supprimé la fumure du potager et ai réparé l'oubli que j'avais fait dans la 1ère de 2 hommes pour Buzenval.]

            Le 16, à M. le baron de Beaumont, en lui adressant l'état des employés à l'atelier de charité pendant la dernière semaine (424, 50 fr.).

            Le 21, à M. le baron de Beaumont, en lui adressant les trois états suivants relatifs à l'atelier de charité (total = 1042, 65 fr.)

            le 22,  à M. le baron de Beaumont, lui avoir dit que j'envoyais les états à M. Berthault pour être réglés, que je savais bien qu'ils devaient l'être, mais que je pensais que Berthault devait les recevoir de lui plutôt que de moi, que dans la partie du travail qui regarde M. de Montlivault, cela dépasse aussi, enfin, demandé à M. de Beaumont si à l'avenir, je dois envoyer directement les états à Berthault.

            Le 24, à M. de Beaumont, en lui adressant visés par M. Berthault deux mémoires relatifs à l'atelier de charité qu'il m'avait renvoyés à cet effet. (207, 657 fr.+ 239, 18 fr.).

            Le 24, à M. de Beaumont, demandé une corde de bois pour l'orangerie de Bois-Préau et dix pour la grande serre, insisté sur le besoin pressant de ce bois vu le froid excessif et le danger qu'il y a de perdre des plantes si on ne donne pas aux serres le degré de chaleur convenable.

            Le 26, à M. Lagrenée, en lui envoyant les états n° 15 et 16 de l'atelier de charité revêtus de l'approbation de Sa Majesté et des bordereaux visés par M. Deschamps, l'avoir prévenu que j'irai lundi chercher l'argent.

            Le 26, à M. de Beaumont, demandé quatre hommes pour tirer du sable et le passer lundi, plus proposé de mettre 8 ou 10 hommes pour l'emploi de ce sable qui est destiné à réparer la route qui conduit de la grille à Thomas au château.

            Le 26, à M. de Montlivault, accusé réception de l'extrait du budget de Malmaison qui me concerne, demandé celle de Navarre, observé que la feuille des employés n'était nullement conforme aux usages reçus, qu'elle avait déjà donné lieu à plusieurs réclamations auxquelles S.M. a fait droit, demandé si ce serait à l'avenir dans ses bureaux ou dans le mien se dresseraient les feuilles des employés, avoir dit, enfin, que j'avais aussi des réclamations à faire sur le budget.

            Le 27, à M. de Beaumont, écrit que ne devant plus rien faire sans une approbation de Sa Majesté, et ne sachant à qui m'adresser pour lui soumettre mes demandes, je le prie de me faire connaître la marche que j'aurai à suivre et qu'en attendant, je lui soumets les demandes suivantes: 1° demandé pour mars le même nombre d'ouvriers qu'il y a aujourd'hui; 2° item de tout le fumier des écuries de Sa Majesté nécessaire pour les primeurs et les légumes les plus essentiels; 3° le raccommodage des voitures et de quelques instruments aratoires; 4° pour M. Lhuillier, une paire de roues qui est indispensable; 5° des pots pour les marcottes, au nombre de 100 demandés par Acard et Lhullier; 6° des balais pour Devosse et Navin.

                                                          

            Mars 1814 (n° 38 à 60)

 

            Le 3, adressé à M. de Montlivault l'état des gages des employés ordinaires pour février 1814 (1841, 63 fr.); traitement de l'intendant (250 fr.) ; frais de bureau pour id. (166, 66 fr.) ; appointements de l'inspecteur (100 fr.).

            Le 5, à M. Deschamps, en lui envoyant le résultat de ma gestion à Navarre en 1813 (fonds accordés = 9 000 fr.; somme dépensées = 6 333, 74 fr. ; boni = 2 666, 26 fr.); demandé qu'on paye l'état des employés en janvier 1814 et si Sa Majesté désire que je continue d'administrer les services et les jardins.

            Le 5, à M. de Montlivault, en lui observant que j'étais convenu avec M. Cadet [de Gassicourt] qu'il me paierait la fleur d'oranger de 1813 lorsqu'on lui réglerait le compte qui lui était dû par S.M. et qu'il était plus dans l'ordre d'une bonne administration qu'il me verse les fonds plutôt que de faire la compensation, etc.

            Le 5, rappeler à M. Cadet qu'il est convenu de me payer la fleur d'oranger de 1813 lorsqu'on aura réglé le compte de ce qui lui est dû par Sa Majesté.

            Le 7, à M. de Beaumont, envoyé les états n° 17 et 18 des employés à l'atelier de charité pendant les deux dernières semaines (561, 48 fr. + 668, 12 fr. = 1229, 60 fr.)

            Le 10, à M. de Montlivault, en lui adressant l'état des appointements des employés ordinaires du palais pour le mois de février 1814 (918, 31 fr.)

            Le 11, adressé à M. de Montlivault l'état des gages dus à Etienne Besche [garçon de château] pour les cinq derniers mois de 1813. Ne serait-il pas convenable que dans les articles de l'administration de Malmaison, qui se payent comme celui-ci, je connusse le fonds fait. Cette mesure aurait l'avantage de faire connaître ce qui concerne chaque pièce et dans la révision des comptes, on saurait où trouver les pièces qui seraient classées d'après une base.

            Le 11, adressé à M. de Beaumont les trois états des journées de [ill.] pendant janvier, février et mars, 50, 40 fr., 48 fr. et 22 fr.

            Le 11, envoyé à M. de Beaumont les états du bois de chauffage fourni par M. Bottin, tant pour les serres que pour les employés ordinaires ... 6 804 fr. et 2 340 fr. Tous les ans, je donnais en février ou en mars un acompte à M. Bottin pour ses fournitures. Ne pouvant pas le faire cette année, je lui ai proposé des traites et comme il les a acceptées, je pense qu'on pourrait lui en donner, surtout Sa Majesté y ayant consenti. Comme la perte faite par l'escompte est considérable, on rendrait service à M. Bottin en faisant cette somme en plusieurs traites.

            Le 13, envoyé à M. de Beaumont l'état n° 19 des employés à l'atelier de charité pendant la dernière semaine s'élevant à 496, 14 fr. Plus récidive à la demande d'une réponse par écrit pour les autorisations données par Sa Majesté aux serres et aux jardins.

            Le 16, à M. de Beaumont, lui avoir demandé de distribuer également les racines qu'on a retranchées des bois plutôt que de les donner toutes aux quatre portiers. Par ce moyen on fera une distribution juste et on évitera des réclamations désagréables.

            Le 16, à M. de Montlivault, lui avoir adressé le mémoire du ferblantier Camus pour qu'il l'envoie à M. Berthault afin d'être réglé et mis en paiement d'après l'ordre de S.M. Le nommé Camus a aussi un mémoire que S.M. désire qu'il soit acquitté.

            Le 19, à M. Lagrenée, en lui renvoyant trois états émargés et un 4ème de l'atelier de charité dont j'irai chercher le montant mardi prochain.

            Le 20 mars, à M. de Beaumont: M. l'intendant général vient de me transmettre un ordre de S.M. en date du 15 courant qui me concerne et qui, tout en me rendant débiteur de sommes que je n'ai pas reçues, me prouve que S.M. et vous sont loin d'avoir la confiance et l'estime que j'ai toujours su susciter des personnes que j'ai eu l'honneur d'approcher et qui, ainsi que vous, M. le baron, ont été en état de juger de la droiture de ma conduite. Si mon registre, mon livre de comptes et mon livre de correspondance ne se trouvaient pas susceptibles d'être vérifiés par ceux de M. l'intendant général et ceux de M. Lagrenée, je vous les enverrais et vous pourriez vous assurer par vous-même que je suis en règle contre toutes les sommes qu'on réclame; mais comme il vous serait aussi long que difficile de trouver tous les articles compris dans l'ordre de Sa Majesté, je ferai ce travail moi-même et aussitôt qu'il sera terminé, j'aurai l'honneur de vous le présenter. Comme c'est d'après vos observations, M. le baron, que S.M. a pris l'arrêté sévère qui fait l'objet de cette lettre, je ne puis vous dissimuler la peine que j'éprouve du jugement que vous avez fait prononcer sans m'avoir entendu. J'ose donc espérer, monsieur, que lorsque vous aurez pris connaissance des circonstances qui ont empêché les divers paiements qu'on réclame, que vous rendrez la justice que je crois mériter.

            Le 21, à M. de Beaumont, en lui envoyant l'état n° 20 de l'atelier de charité s'élevant à     578, 32 fr.

            Le 21, à M. de Beaumont, sur la demande de Lahaye, demandé 12 ouvriers de plus pour les travaux du parc. Savoir: 6 pour les travaux ordinaires et 6 pour travaux extraordinaires dont je n'ai pas connaissance.

            Le 23, à M. Lagrenée. Je vous adresse ci-joint un reçu de 1772, 25 fr pour M. Cadet et vous remet tous ses [ill.] de fleur d'oranger pour 1813. Ces deux articles sont nécessaires pour pouvoir régulariser son compte lorsqu'il se présentera chez vous. Il sera plus convenable qu'il ait un reçu de moi et moi de vous.

            Le 25, à M. Gibbon [Toussaint Gibon, contrôleur de S.M.] pour qu'il me verse la somme de 404, 82 fr. pour le produit des 190 livres et demies de fleurs d'orange qui ont été livrées par le domaine à la bouche en 1813, chaque livre comptée au prix de 2 fr. 12 c et demie.

            Le 23, adressé à M. de Montlivault 10 états de l'exercice de 1813 1° l'état de remontage des cages de 295, 25 fr. - 2° d'une fourniture de bottes pour Thometon (?), 9 fr.

            Le 25, à M. Deschamps, sur les trois questions qu'il m'avait adressées relatives à la fourniture de bois des serres et des employés pour l'hiver qui se termine; savoir: 1° à quoi ont été employées les cinq cordes portées sur le mémoire des employés à Bois-Préau ? Ces cinq cordes de bois ont été fournies ici au commencement de l'hiver, à l'époque où la fourrière n'en avait pas envoyées et où il n'y avait plus un seul morceau de bois pour l'usage de Mlle Marchery, celui du peintre de Sa Majesté et enfin pour mon service personnel. Il est donc certain que ce bois a été fourni et consommé pour le service de Bois-Préau. 2° Pourquoi ai-je payé le bois 72 fr. la corde au lieu de 70 fr. qu'on le paye à la fourrière ? Le bois neuf acheté cette année à la fourrière se paye 70, 80 fr., c'est-à-dire 1, 20 fr. meilleur marché que celui des serres et non pas 2 fr. Cette différence vient de ce que le bois fourni aux serres est de beaucoup supérieur en qualité. M. Gibbon me le disait encore hier. D'ailleurs, il est facile de s'assurer de la différence de qualité des bois fournis par le sr. Bottin et de ceux fournis par le sr. Baril, en appelant le jugement de personnes tierces. 3° Pourquoi ai-je porté la fourniture des serres à 94 cordes et demie, tandis que Lahaye n'a donné un reçu que de 82 cordes? Comment Lahaye peut-il certifier une fourniture qu'il n'a pas reçue ? Etienne, comme chef de l'orangerie, m'a accusé avoir reçu la quantité de 3 cordes de bois pour son service; Huller, comme chef du fleuriste, m'a accusé en avoir reçu 21, 5 dont une fournie à Navin [oiselier faisandier] est à diminuer du service du fleuriste; Acard, enfin, comme chef de la grande serre est du Bois-Préau, en a reçu 70 cordes. Voilà, Monsieur, le détail exact et conforme à ce que j'ai dit et écrit à M. de Beaumont sur le bois fourni aux serres et que je certifie de nouveau. Cette différence entre l'assertion de Lahaye, la mienne et celle des employés qui ont reçu le bois en compte étant très majeure, je désirer ardemment que Sa Majesté fasse prendre toutes les informations nécessaires pour bien se convaincre que la quantité de bois que j'ai énoncée a été aussi véritablement fournie que les 3 cordes portées à M. Lhuillier.

            Le 25, à M. de Beaumont, envoyé l'état des employés aux serres et aux jardins pendant le mois de février d'après l'autorisation qu'il m'a transmise. Cet état s'élève à 319, 50 fr. Si plusieurs ouvriers se trouvent avoir plus de journées les uns que les autres, cela ne change rien à l'autorisation. 1° Poulin a 18 jours parce qu'il y a eu des travaux si pressés qu'il était impossible de se passer de lui ou de tout autre ouvrier si Sa Majesté n'eut pas accordé de fonds, je l'eusse payé de ma poche ainsi que Manceau et Saulnier. Mais le 11, j'ai eu verbalement l'autorisation de faire travailler et l'état n'atteint pas le fonds accordé.

            Le 27, à M. de Beaumont, en lui adressant l'état n° 21 des employés à l'atelier de charité pendant la dernière semaine, lequel s'élève à la somme de 539, 46 fr.

            Le 27, à M. Lagrenée: renvoyé les quatre derniers états que j'ai touchés et l'avoir prié d'annuler mes reçus.

 

Avril 1814 (n° 61 à 64)

 

            Le 24, à M. de Beaumont, envoyé les états suivants (8) - 1° l'état n° 23 de l'atelier de charité (210,10fr); 2° des employés aux serres et aux jardins en janvier (669, 67fr)... = 1 629, 71fr.

            Le 24, à M. de Beaumont, envoyé les trois lettres suivantes portant diverses autorisations; il doit me renvoyer ces trois lettres qui sont, savoir: 1° une du 29 février ; 2° du 12 mars ; 3° du 15 février.

            Le 27, à M. de Beaumont, en lui adressant l'état n° 24 des employés à l'atelier de charité, s'élevant à 215, 66 fr. Observé qu'il y avait plusieurs états arriérés et que les ouvriers demandaient de l'argent.

            Le 29, à M. Deschamps, en lui donnant avis du versement que j'ai fait sur le montant des traites de bois...

 

Mai 1814 (n° 65 à  79)

 

            Le 1er, à M. de Beaumont, en lui demandant l'autorisation pour faire détruire l'étable à vache construite par Laurin [portier de la grande grille]; ainsi que les toits à porcs, à lapins et à poules qu'il a, ainsi que les autres portiers; demandé aussi que Devolle se défasse de ses deux chevaux.

            Le 1er, à M. de Beaumont, en lui adressant les trois états suivants pour les travaux faits d'après autorisation: 1° l'état n° 29 des employés à l'atelier de charité (270, 32 fr.) 2° l'état des employés aux travaux du jardin, des serres et des pépinières en avril (610,15 fr.) 3° celui des employés à la culture des terres en avril (64 fr.) total = 944, 47 fr.

            Le 5, à M. de Beaumont, lui avoir demandé quatre hommes de l'atelier de charité pour sortir les plantes des serres du fleuriste. Un tiers de journée suffira.

            Le 7, à M. Deschamps, lui avoir parlé des nouveaux délits commis par les troupeaux du fermier dans les bois. Lui avoir fait voir la nécessité de mettre un terme aux abus commis par Sanitas, Antoine Giraul (?) et Lorgnet.

            Le 8, à M. de Beaumont, lui avoir demandé: 1° des ouvriers de l'atelier de charité pour sortir les orangers, les plantes du fleuriste et des serres. 2° un cheval et un homme de labour pour sortir les orangers. 3° une [ill.] pour le service des oiseliers et 4 aulnes de toile claire 5° 2000 fr. ou 1 000 fr. pour le fauchage des gazons.

            Le 8, à M. de Beaumont, demandé l'autorisation d'acheter par mois trois setiers d'orge à raison de 15 fr. le setier pour le service de la ménagerie et de la faisanderie.

            Le 8, à M. de Guercheville pour lui demander s'il veut faire laver les laines au dépôt où s'il préfère retirer sa part en suint.

            Le 10, à M. de Beaumont, envoyé l'état n° 26 des employés à l'atelier de charité s'élevant à la somme de 314, 28fr.

            Le 15, à M. Deschamps, en lui envoyant les états des contributions ordinaires et extraordinaires dues par Sa Majesté pour le premier trimestre de 1814. (total = 4 890, 31 fr.)

            Le 15, envoyé à M. Berthault, les mémoires d'entretien et de travaux neufs faits à Malmaison en 1813. La totalité de ces mémoires s'élève en demande à la somme de 52 750, 21 fr. Nous avons pour 30 113 fr. d'autorisations, le reste comprend des travaux faits sans autorisation, tels que la construction des cages en pailles.

            Le 16, envoyé à M. de Beaumont, les divers états suivants, savoir: 1° celui de fourniture du bois servant à entourer le nouveau massif de terre de bruyère ordonné par S.M. (136, 80 fr.) 2° celui du remontage et démontage des cages en bois, en paille et en fer (393, 82 fr.).

            Le 20, à M. de Beaumont, en lui adressant l'état n° 27 des employés à l'atelier de charité (418, 14 fr.).

            Le 22, à M. le baron de Beaumont, adressé l'état n° 28 (346, 46 fr.).

            Le 28, à M. Heindre (?) pour lui accuser la réception des cinq premières livraisons de M. Langlès sur les Monuments de l'Hindoustan. Observé que ces exemplaires sont après la lettre et non avant comme l'indique la lettre d'avis de M. Heindre.

            Le 30, à M. de Beaumont, en lui adressant les états suivants qu'il a demandés. Savoir: 1° pour le solde des gages dus aux employés ordinaires du palais pour le mois de janvier (279, 97 fr) ; 2° id. en février (279, 97); 3° id en mars (1 198, 28); 4° id. en avril ; 5° id. en mai ; 6° pour solde des appointements de janvier aux employés ordinaires (741 ,64 fr) ; 7° id. en février ; 8° pour la totalité des appointements de mars aux mêmes (2 683, 27) ; 9°id. en avril et mai ; [...] 11° pour solde de mes appointements de janvier (250); 12° id. en février ; 13° pour mes appointements et frais de bureau de mars (833, 33) - id. en avril et mai.

 

 



 

[1] -  E.T. Hamy, Aimé Bonpland, médecin et naturaliste, explorateur de l’Amérique du Sud. Sa vie, son œuvre, sa correspondance, Paris, E. Guilmoto, s.d. [1906].

[2] - Pour plus de précisions, je renvoie à l’article que j’ai publié dans le Bulletin 2016 n° 50 de la Société des Amis de Malmaison, « Le séjour de Joséphine à Mayence en 1806. Etude sur la mécanique de la cour de l’Impératrice », pp. 79-92.

[3] - Le règlement de la Maison, adopté le 10 janvier 1810 et révisé le 7 août 1813, définit les attributions de l’intendant général. La lecture des titres V et VI qui le concernent (articles 24 à 45), permet d’entrevoir la tutelle étroite qu’il exerça sur l’intendant des domaines et de mesurer combien elle fut éprouvante pour ce dernier.

[4] - Charles-Joseph-Casimir Guyon de Montlivault (1770-1846). Ancien chevalier de Malte qui avait émigré sous la Révolution, il succède à Pierlot comme intendant général de la Maison de l’impératrice Joséphine en juin 1811. D’abord logé à l’Elysée, il installe ensuite ses bureaux dans l’hôtel de Beauharnais, rue de Lille avant d’emménager rue de Rivoli. Malgré les faveurs dont il sut profiter à titre personnel, il arbora la cocarde blanche dès le retour de Louis XVIII et se rallia aux Bourbons, sans même attendre que Joséphine fût fixée sur son sort.

[5] - J’ai développé cette question dans Malmaison, le palais d’un impératrice, Ed. des Falaises, 2017, pp. 133-163.

[6] - A.N. AB XIX 3272.

[7] - En 1813, pour couvrir les frais de fonctionnement de Malmaison et de Navarre, Bonpland disposait d’un budget d’environ 140 000 francs, soit un peu plus de 8% du total des dépenses de la Maison qui s’élevaient à 1, 67 millions.

[8]Le Jardin de la Malmaison parut entre 1803 et 1805, en vingt livraisons, de six planches chacune de Pierre Joseph Redouté et texte de Ventenat. En 1813, Bonpland faisait paraître sa Description des plantes rares qu'on cultive à Navarre et à Malmaison, un ouvrage illustré de soixante-quatre planches de Redouté et Bessa, qui poursuivait l'entreprise de Ventenat.

[9] - Parue en 1776.

[10] - L’expression est du marquis de Girardin, créateur du jardin d’Ermenonville, dans l’Oise, dont Jean-Marie Morel dirigea un temps le chantier. Voir à ce sujet mon essai Auguste Garnerey. Vues du jardin de Malmaison , Ed. des Falaises, 2018.

[11] - Je pense notamment aux cinq tableaux du Lorrain, qui provenaient des collections du landgrave de Hesse-Cassel. Ils avaient été saisis en 1806 à Cassel par les troupes françaises et offerts à l'impératrice par le général Lagrange, malgré les vives protestations de Vivant Denon, qui les réclamait pour le Musée Napoléon. Les Quatre Heures du jour, acquis par le tsar Alexandre 1er en 1815, sont aujourd'hui conservés à Saint-Pétersbourg, au musée de l'Ermitage; le cinquième, vendu à Talleyrand en 1814, appartient à la Wallace Collection de Londres.

[12] - André Bonnin de La Bonninière de Beaumont (1761-1838), baron d’Empire en 1811. Chambellan et introducteur des ambassadeurs de l’impératrice de 1804 à 1809, il reste attaché à sa Maison après le divorce et remplira les fonctions de chevalier d’honneur, assimilables à celle d’un grand chambellan.

[13]  - 1 corde = 3, 85 m3

[14]  - La crise économique qui frappe le pays à partir de 1810, oblige le gouvernement à se porter au secours des entreprises en difficulté, soit par des prêts du Trésor, soit en multipliant les commandes publiques, notamment pour les besoins de l’administration de la Guerre. En décembre 1813, l’empereur ordonne par ailleurs au ministre de l’Intérieur d’ouvrir dans Paris des chantiers de terrassement pour occuper les ouvriers sans travail. Joséphine donne l’exemple et embauche à Malmaison des chômeurs qui seront employés aux travaux du parc, en particulier à la plantation des acacias.

[15] -  Nouveau Duhamel ou Traité des arbres et arbustes que l'on cultive en France, rédigé par G.-L.-A. Loiseleur Deslongchamps..., avec des figures d'après les dessins de MM. P.-J. Redouté et P. Bessa, dédié à Sa Majesté l'impératrice Joséphine, 7 tomes, Paris, 1812 - 1819.

[16] - Monuments anciens et modernes de l'Hindoustan, décrits sous le double rapport archéologique et pittoresque..., par Louis Langlès,  2 vol. in-fol., Paris, Didot l'aîné, 1821

[17] - Herbier général de l'amateur, contenant la description, l'histoire, les propriétés et la culture des végétaux utiles et agréables, avec figures peintes d'après nature par M. P. Bessa, commencé par Mordant de Launay et continué après sa mort  par Loiseleur-Deslongchamps, Paris, Audot, 1816 et sv.