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Exposition au château de Malmaison

Exposition au château de Malmaison

Exposition au château de Malmaison

Musée national du château de Malmaison
Avenue du château de Malmaison
92500 Rueil-Malmaison
FR
Tout public
Le street artist Codex Urbanus s'invite au château de Malmaison du 14 octobre au 16 novembre.
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La programmation culturelle du château de Malmaison poursuit son ouverture à l'art contemporain. Cette année, le château propose à ses visiteurs de découvrir l'univers chimérique du street artist Codex Urbanus. Le musée lui a donné carte blanche pour intervenir dans l'ensemble des pièces du château. L'exposition se tiendra du 14 octobre au 16 novembre 2020 dans toutes les salles du château de Malmaison selon un parcours de visite imaginé par l'artiste.


 

Nuit après nuit, les pages d’un étrange bestiaire se tournent au château de Malmaison. D’improbables chimères défilent, telles des enluminures impériales, pour créer la surprise et le rêve au sein du château.

Autodidacte, Codex Urbanus a toujours dessiné à la marge, dans ses cahiers de cours, sur ses notes de réunion, sur des papiers volants. Considérant l'environnement urbain comme une gigantesque toile, il s'est rapidement tourné vers le street art à l'instar des grands artites contemporains du graffiti.

Aujourd’hui, de Montmartre aux galeries de Street Art, l’art de Codex Urbanus s’exprime sous des formes différentes, et participe de la personnalité diverse et foisonnante de la scène de l’art urbain parisien…

 


Revue de presse

http://www.princessepepette.com/2020/10/codex-urbanus-au-chateau-de-malmaison.html

https://www.enlargeyourparis.fr/culture/un-graffeur-sinvite-chez-les-bonaparte-au-chateau-de-malmaison

 

Plan de visite de l'exposition proposé et rédigé par l'artiste Codex Urbanus

 

 

REZ-DE-CHAUSSÉE

Tente d’accueil et salle de billard « Redoutables Roses »

La passion de Joséphine est bien connue et fort documentée, et c’est elle qui va se tourner vers le belge Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) pour devenir son protecteur et lui commander l’œuvre qui le rendra célèbre : Un herbier entièrement dédié aux roses du Château de Malmaison. Les roses sont une obsession de l’Impératrice qui ne résistera pas à ignorer le blocus continental installé par son impérial époux pour faire venir dans sa roseraie des espèces rares provenant des terres perfides de l’ennemi Anglais et rapportées en contrebande.

L’herbier étant le pendant botanique du bestiaire, Codex Urbanus s’est empressé de vandaliser une série de 8 gravures des roses de Redouté pour y créer des chimères impossibles, mi-animales mi-végétales. Il tente ainsi de poursuivre le travail de Redouté en créant de nouvelles espèces à la façon d’un naturaliste, tout en se concentrant sur l’aspect évocateur et décoratif de ces planches, en respectant les couleurs et la cohérence de l’ensemble.
Et à l’instar des épines des roses, ses créatures ont des mandibules et des aiguillons pour ses défendre…

 

 

 

 

 

 

Vestibule : « Ornithonépotisme »
 

Description : Concerts d’oiseaux chimériques sur planches de bois réalisés par Codex et Dark
Le vestibule neo-classique du Château est à la fois l’entrée physique et symbolique dans l’intimité des Bonapartes : on y retrouve à la fois le goût pour l’antique monumental qui s’impose pendant la période impériale, ainsi que le goût pour l’exotisme propre à l’Impératrice, qui était une grande amatrice d’animaux rares et qui avait installé dans cette pièce des volières présentant des oiseaux tropicaux, aux formes et aux couleurs étonnantes.
C’est donc pour rappeler ce souvenir ornithologique qu’une série de chimères volantes créées par Codex Urbanus accueillent les visiteurs comme les perroquets, toucans et autres aras ont pu le faire à l’époque de Joséphine, tout en faisant un petit clin d’œil au népotisme des Bonaparte. En effet, on ne rentrait pas si facilement dans l’espace clanique de la Malmaison, et le couple impérial savait se montrer généreux en plaçant sans aucune discrétion tous les membres de la famille à des postes importants : les frères de Napoléon étaient faits rois d’Espagne, de Hollande et de Westphalie, ses sœurs régnaient sur la Toscane et Naples, les enfants de Joséphine Hortense et Eugène étaient également placés respectivement Reine de Hollande et Vice-Roi d’Italie, bref toute la famille en croquait. C’est donc tout naturellement que Codex Urbanus s’est tourné vers son jeune frère Dark pour participer à la conception de cette haie d’honneur.
Plus jeune de 22 ans que son aîné, Dark travaille dans la rue depuis 2015 où il fait vivre des personnages de la pop culture tout en développant des gestes graphiques proches de la calligraphie, lui permettant de créer des formes végétales confinant à l’abstraction qui, à la manière d’un arbre généalogique, permettent de présenter les oiseaux fantastiques de son frère.

 

Salon Doré/ Salon de Musique : « Monuments Impériaux »


Description : deux projets d’architecture monumentale, l’Eléphant de la Bastille et l’Arc de Triomphe du Street art (encre sur papier) et une sculpture de l’Eléphant de la Bastille.
Non seulement le couple impérial se fait mécène de plusieurs artistes -qui servent leurs goûts autant que la propagande de l’Empereur- mais ce dernier se lance dans un vaste chantier d’urbanisme pour faire de Paris une nouvelle Rome impériale. Nombre de ces monuments ornent toujours l’ouest Parisien – la Colonne Vendôme inspirée de la Colonne de Trajan, l’Arc de Triomphe du Carrousel inspiré par l’Arc de Constantin à Rome, l’Arc de Triomphe de l’Etoile ou la Madeleine… mais on oublie souvent les plans spectaculaires qu’il avait en tête pour l’est parisien, et son projet de création d’un canal qui devait s’imposer comme « les Champs-Elysées de l’Est ». C’est dans ce contexte qu’il envisagera son monument le plus étonnant, la statue-fontaine monumentale d’un éléphant devant être dressée sur la Place de la Bastille. Inspirée de l’épisode du passage des Alpes par les armées carthaginoises d’Hannibal, on y retrouve son goût pour l’histoire militaire antique et pour le monumental. Cet éléphant ne fut réalisé qu’en plâtre et il a aujourd’hui disparu, mais on peut encore en voir le piédestal rond de marbre blanc qui soutient la colonne de Juillet 1830.
Le street artist essaye donc de resusciter le projet en proposant un éléphant dans la lignée de l’idée de l’Empereur mais à la manière codexienne : une créature hybride et impossible. Pour aller plus loin dans l’urbanisme monumental, il propose également un projet d’Arc de Triomphe à la Gloire de l’Art Urbain, mouvement qui a su conquérir toutes les villes du monde et dont un des épicentres est clairement la capitale française. En dehors des sculptures de la façade et du quadrige représentant le Street Art Conquérant l’Univers, les noms et les blazes des graffeurs et des street artists sont gravés dans le marbre blanc de la partie haute du monument. Peut-être qu’un tel monument aurait aussi pu voir le jour à la Bastille, quartier plus propice au street art que l’ouest parisien, et emplacement envisagé à l’origine pour l’Arc de Triomphe de l’Etoile….

 

Salle à Manger : « Epopée du Street Art »
 

Description : Service de 8 grandes assiettes parlantes en porcelaine française représentant les grandes dates des conquêtes du Street Art.
Joséphine et Napoléon se sont fréquentés lors de grandes soirées à Paris d’abord, puis à la Malmaison où la salle à manger a vu défiler de nombreuses personnalités du Consulat et de l’Empire. Il fallait donc renouer avec ces dîners festifs et politiques en dressant une table pour inviter le visiteur à se projeter dans ces soirées.
Par la suite, Napoléon s’invitera à toutes les tables de France : en effet, pour faire vivre le souvenir de l’épopée napoléonienne, de nombreuses manufactures de faïence (Creil et Montereau, Sarreguemines, etc.) proposeront des séries d’assiettes à dessert dites « parlantes » et montrant les grands temps de l’aventure du personnage. Ces assiettes connaîtront un grand succès. Pour souligner l’aspect à la fois prestigieux et populaire de ce récit épique, et le comparer à l’aventure non moins populaire et prestigieuse des grandes heures du Street Art, Codex Urbanus propose une série de 8 grandes assiettes de réception en porcelaine pour relater les étapes de la conquête de l’art urbain. Partant de la domestication des murs à l’ère préhistorique, il évoque l’invention de la bombe aérosol par le norvégien Erik Rotheim (sans laquelle le Graffiti aurait été beaucoup compliqué, voire impossible), l’apparition du pochoir urbain avec Blek le Rat en 1981, la date historique où 3 graffeurs ont fait la une de la presse en retournant la station Louvre-Rivoli du métro parisien en 1991, la conquête des hauteurs des murs Parisiens à la suite d’Invader en 1996, le jeu ironique de Banksy avec le Marché l’art explicité dans son film « faîtes le mur » en 2010, la publication de l’essai de Codex Urbanus sur l’existence même du street art « Pourquoi l’art est dans la rue ? » Critères Editions 2018, et enfin une hypothétique reconnaissance institutionnelle de l’état avec la création d’un musée national du street art en 2037. Rappelons qu’à ce jour il n’y a quasiment aucune œuvre liée à l’art urbain dans les collections nationales françaises, plusieurs décennies après l’apparition de ce mouvement dans notre pays….

 

Salle du Conseil : Le jeu de la Conquête Urbaine

Description : Jeu de société sur la conquête par le street artiste Codex Urbanus des quartiers parisiens.C’est dans cette salle où de grandes orientations stratégiques et militaires ont été prises que Codex Urbanus a voulu faire le parallèle entre ces stratégies belliqueuses et les stratégies d’occupation urbaine des street artists. En effet, pour avoir une existence dans l’espace publique, il faut mettre au point des tactiques efficaces : les dessins directs de Codex Urbanus sont très rapidement et facilement recouverts par les équipes efficaces de la propreté de Paris, et afin de maximiser sa présence, il faut se concentrer sur un quartier -Montmartre en l’occurrence- tout en allant de temps à autres envahir d’autres zones de la capitale.

Le jeu consiste donc à placer ses pions pour occuper la plus grande surface de la ville, en évitant les aléas propres au street art : se faire toyer, les arrestations, la propreté de Paris, etc. Des parties de jeu qui finalement n’étaient peut-être pas très éloignées de celles qui se tenaient plus sérieusement dans cette salle du conseil sous le consulat…

 

 

 

Bibliothèque : « Cartographie invasive »
 

Description : Créatures chimériques sur carte des victoires impériales françaises du XIXe siècle
La légende napoléonienne est plus connue par le prisme des victoires militaires et des conquêtes européennes que par les grands apports socio-politiques de son règne -code pénal et civil, légion d’honneur, concordat et consistoires, etc.- et c’est souvent par ce même prisme de l’occupation territoriale que l’art urbain est reconnu. Ainsi, le Graffiti est une dynamique très territoriale qui consiste à occuper un espace qui est sien et à conquérir des espaces toujours moins accessibles et toujours plus surprenant, que ce soit sur les hauteurs des immeubles ou dans des dépôts de train défendus. Au-delà de l’aspect épique du geste de conquête, que reste-il de ces gloires temporaires ? Le passage des chimères agressives sur la carte des conquêtes impériales agit autant comme une mise en garde des dangers inhérents aux ambitions insatiables que comme un rappel de l’aspect transitoire et peut-être inutile de ces invasions parfois violentes. Car quoi que nous fassions, notre souvenir et nous-même finiront ensevelis par le temps qui passe, comme une vieille carte mitée flottant dans les limbes du temps. Napoléon a probablement eu ses réflexions dans sa bibliothèque-cabinet de travail, lui qui s’imaginait Alexandre le Grand ou César, mais dont la culture classique lui permettait probablement de réfléchir aux injonctions à la sagesse de Sénèque dans « la brièveté de la vie » où celui-ci suggère de ne pas perdre son temps dans d’illusoires conquêtes… Cet étrange rapport, contradictoire, entre postérité et impermanence est le lot de tout humain, mais encore plus des rois et des street artists, les premiers se heurtant de plein fouet à leur finitude et devant organiser la transmission de leur empire, les seconds oscillant entre désir d’immortalité propre à l’artiste et renoncement lié à l’aspect éphémère de leurs œuvres propre au street art…
Derrière, comme une sorte de monstre grignotant le monde, une chimère géante occupe un globe terrestre, nous rappelant que cet appétit de conquête est plus souvent porteur de misère et de désastre que des joies que l’on peut s’imaginer…

 

 

 

Premier étage

Petite salle d’entrée : « Maternité »
 

Dans cette pièce exigüe, intime, dans un petit cadre, une petite gravure de mode pour les jeunes mères. Intitulée « Baisez maman », elle nous rappelle que le divorce entre Napoléon et Joséphine n’est pas du domaine de l’éloignement sentimental -ils ne cesseront jamais de se soutenir, ou d’un quelconque grief particulier, mais une simple et triste histoire de maternité impossible ; Alors que Joséphine a eu deux enfants, Napoléon est au désespoir d’en avoir un avec l’impératrice, et le couple impérial ne parvenant pas à fonder une dynastie, c’est par raison d’Etat que Napoléon prendra la décision de répudier Joséphine en 1809. Il dira lui-même qu’il a « sacrifié les plus douces affections de son cœur » pour cela… Et dans le prolongement de la victoire de Wagram, s’empressera d’épouser Marie-Louise d’Autriche pour enfin avoir un héritier dynastique.
Dans cette pièce intimiste, au sein de leur maison de campagne, cette petite scène maternelle prend un sens aigre-doux, entre l’affection indéfectible du couple et cette décision politique tragique qui, pourtant, ne parvint pas à complètement défaire ce lien unique qui unissait Napoléon à Joséphine…

 

 

 

 

 

 

Salon de l’Empereur : L’impératrice

Description : bombe aérosol et marqueur sur toile 92*60cm, cadre empire.
Parmi les portraits d’époque des femmes du clan Bonaparte, Codex Urbanus a glissé un portrait d’un autre genre, proposant une vision étrange du pouvoir et de l’exotisme.  Dans un environnement végétal et nocturne, une créature vêtue à la manière du début du XIXe siècle -comme toutes les autres dans la pièce- semble récolter et contempler des fruits. Mais ce regard est aussi dubitatif, voire peut-être hostile, et la nature autour est d’ailleurs loin d’être paisible. Des animaux codexiens semblent festoyer sur les fruits et les fleurs de cette végétation onirique, comme les insectes et les escargots dans les natures mortes flamandes…. Peut-être que le tableau prend son sens lorsque l’on se transforme en botaniste et que l’on essaye d’identifier ces étranges espèces végétales.
Là encore l’idée graphique consiste à prendre non seulement le style approximatif du street artist -qui ne cherche pas une excellence graphique- et à le faire dialoguer avec des œuvres plus classiques qui ont été peintes deux cents ans plus tôt. Cet échange va jusqu’au medium même, où la peinture à l’huile traditionnelle fait face à la bombe aérosol et aux marqueurs à peinture Posca, qui sont l’apanage du graffiti et de l’art urbain, pour à la fois en souligner les différences et la continuité.


 

Salle des Armes : « L’Hydre Vandale détruisant le Temple »
 

Description : Encre de chine et aérosol sur papier, cadre EmpireDe même qu’il a fallu au couple impérial une énergie tenace pour se faire une place sur l’échiquier des monarchies européennes qui ont, au fond, toujours refusé de considérer ces roturiers insulaires sur un pied d’égalité malgré leurs succès patents, de même l’art contemporain rechigne à faire une place à l’art urbain, malgré les succès évidents d’un Keith Haring, d’un Basquiat ou d’un Banksy. Mais le street art lui-même a-t-il besoin de cette reconnaissance institutionnelle ? Les masses de photographes de graffiti dans les rues des métropoles mondiales, les tours et les visites de street art qui fleurissent un peu partout et les ventes d’art urbain, en galerie ou aux enchères, ne sont-ils pas le signe que ce mouvement se suffit à lui-même et qu’il est en train d’accomplir une révolution sans même que les institutions ne s’en rendent compte ? Les Colonnes du Temple à l’aspect symbolique vacillent et chancellent sous la pression incontrôlable de l’hydre figurative et fantasmagorique de l’art urbain….

 

 

 

 

 

Salle Marengo : Propaganda !
 

Description : Intervention à la bombe aérosol et au posca sur des Bulletins de la Grande ArméeDans la salle dédiée à la gloire Napoléonienne et à l’art qui la sert -bustes, tableau de Bonaparte franchissant les Alpes par David en se comparant à Hannibal et à Charlemagne, etc-, Codex Urbanus s’intéresse aux liens millénaires que l’on trouve entre Art, Renommée et Manipulation. En effet, une grande partie de l’art qui nous est parvenu provient d’une volonté de communication des commanditaires -qu’ils soient la noblesse, le pouvoir, l’Eglise, ou encore la bourgeoisie conquérante de l’époque moderne. Et les artistes se prêtent fort habilement à ce jeu, dans leur bras de fer avec la postérité. Il en va de même avec le Street Art, dans lequel parfois la sincérité même de l’artiste peut être remise en cause : quelle différence y a-t-il exactement entre le fait de placer de l’art systématiquement et sans autorisation aux yeux de tous, et une campagne d’affichage marketing sauvage ? En outre, les artistes travaillent souvent à une légende -et dans le street art, cette légende repose parfois sur l’anonymat -Banksy, Invader- ou sur des grands actes fondateurs -JR en Palestine, Futura 2000 au concert des Clash, etc. Il y a donc un storytelling, voire carrément une propagande de l’artiste qui contribue à son rayonnement et qu’il organise, sur les murs de la ville comme sur ceux des réseaux sociaux.

C’est de ce parallèle que se nourrit l’installation « Propaganda ! », qui présente quelques glorieuses chimères codexiennes sur des authentiques Bulletins de la Grande Armée. Ces derniers étaient de formidables outils de communication créés par Napoléon pour faire connaître les fais de gloire de l’armée en général et de ses soldats en particulier, tout en embellissant la réalité -quand ce n’était pas pour complètement la déformer- ce qui avait d’ailleurs donné une expression populaire à l’époque : Mentir comme un Bulletin…

 

 

 

 

 

 

Antichambre : « Bicornus Ferox »

Ecrire sa légende pour tutoyer la postérité, c’est avant tout de la stratégie et du marketing. Il faut se créer un personnage et fusionner avec lui. De nombreux street artists l’ont bien compris, arborant des coiffures, des chapeaux, des lunettes de soleil ou des pattes d’alligator qui permettent de les reconnaître d’un seul coup d’œil. Mais ils arrivent après Napoléon qui le premier a su trouver l’accessoire qui allait devenir son symbole : le Bicorne.
Chapeau typique de l’époque, celui-ci se portait la pointe au-dessus du visage, dans le prolongement du nez. C’est avec un certain génie marketing que Napoléon va avoir cette idée folle de le porter de travers, les pointes au-dessus des oreilles. Dès le début, ce couvre-chef va devenir sa marque de fabrique, et le bicorne ainsi porté incarne encore de nos jours la mémoire de l’Empereur… Mais sous cette curiosité vestimentaire se cache l’autre réalité de l’Ogre, qui enverra mourir par fournée la jeunesse de son empire sur les champs de bataille, rallié de force à la cocarde de son bicorne féroce…


 

Chambre à coucher de l’impératrice : La Rose, le compas et la couronne

Description : Tablier maçonnique
L’appartenance à la Franc-Maçonnerie était généralisée à la fin du XVIIIe siècle et il était aussi populaire d’être dans une loge maçonnique à l’époque que d’être sur les réseaux sociaux aujourd’hui. L’Empire fait donc également la place belle à la Franc-Maçonnerie. L’appartenance de Napoléon Bonaparte à cette société discrète reste sujette à discussion, mais son père, ses frères ou encore 11 de ses 18 maréchaux étaient francs-maçons. En ce qui concerne l’Impératrice, son appartenance à la Franc-Maçonnerie ne fait aucun doute, et elle était même Grande Maîtresse des « Loges d’Adoption », ce système maçonnique féminin parallèle à la Franc-Maçonnerie de l’époque, uniquement masculine. Non seulement elle participera activement au renouveau de l’activité des loges qui avaient souffert pendant la Révolution, mais cela jette un regard différent sur ce personnage mystérieux, qui, sous ses dehors à priori légers et superficiels, cachait manifestement une personne désireuse de réfléchir et de philosopher avec ses contemporains, quel que soit leur statut social dissimulé par leurs gants et leurs tabliers.

Codex Urbanus imagine donc un tablier de loge spécialement conçu pour l’Impératrice, alliant ésotérisme et symbolique alchimique, offrant un regard inattendu sur la personnalité de cette femme surprenante. Parce que forcément, quelque part dans cette maison, il y avait un tablier maçonnique pour Joséphine. Peut-être même dans cette chambre…

 

 

Chambre ordinaire de l’Impératrice : La mode, la mode, la mode !

Description : Intervention au marqueur sur des gravures de mode du début du XIXe siècle
De réputation frivole, Joséphine de Beauharnais était connue pour son amour de la mode, qu’elle avait notamment pu exercer avant sa rencontre avec le Général Bonaparte, lorsqu’elle n’était encore qu’une « merveilleuse » rivalisant de créativité vestimentaire avec Madame Tallien, Juliette Récamier ou Madame de Staël. Une fois impératrice, elle pouvait se laisser aller à son péché mignon, dépensant un budget considérable en tenue de mode qui firent sa notoriété dans l’Europe entière, et s’adjoignant les services des plus grands « marchants de mode » de l’époque, dont Louis Hippolyte Leroy. Elle devait donc passer un certain temps chaque matin à imaginer la tenue parfaite à porter aux différents moments de la journée.
C’est à cette époque que se développent les fameuses gravures de mode, et c’est donc sur des gravures originales du Consulat et du début de l’Empire que le street artist créée la chimère idéale à chacun des modèles, pour aller se montrer en ville, dans les jardins du Palais Royal ou attablé en terrasse avec un plateau d’huître au Rocher de Cancale….

 

 

 


 

Boudoir : Vandale Style

Description : Intervention au posca sur gravure d’architecture.
La décoration intérieure de la Malmaison, d’inspiration néo-classique, est typique du style que l’on appellera Consulat, et pour cela le couple Bonaparte a recours aux services des architectes-décorateurs les plus emblématiques de leur époque : Charles Percier et Pierre Fontaine. Tant à l’intérieur (Fontainebleau, St Cloud, etc.) qu’en terme d’urbanisme (Rue de Rivoli, Arc de Triomphe du Carrousel.), ils ont marqué cette époque de leur style.
Notre époque actuelle est, quant à elle, marquée par le street art, et plus particulièrement le graffiti. Pas une ville, pas une voix ferrée, par un rideau de fer ne lui échappe, et la présence d’un tag ou d’un graffiti sur une photo permet immédiatement de l’ancrer dans le temps. Codex Urbanus imagine donc la rencontre improbable du style Empire et du style Vandale sur une gravure d’architecture. Pour impie que cela puisse paraître, ce genre de rencontre n’est pas si rare, et notamment tous les fans d’exploration de friches et de ruines actuels (Urbex) savent qu’il est commun de tomber sur des fresques à la bombe dans des environnements anciens, des châteaux abandonnés ou des églises menaçant ruine.

 

Couloir : Château de Trémé, résidence du roi de Louisiane

Description : dessin à l’encre de chine, cadre empire.
Parmi les souvenirs de la première résidence du couple Bonaparte, Codex Urbanus propose une uchronie. Avec le traité secret de San Ildefonso en 1800, Napoléon récupère la Louisiane, et en 1802 il propose à Jean-Baptiste Bernadotte d’en devenir le Gouverneur. Cela n’arrivera pas, la Louisiane sera finalement vendue aux USA pour une poignée de dollars et Bernadotte finira à la tête de la Suède, d’où il rejoindra la coalition qui mettra un terme à l’Empire et dont il deviendra le souverain en 1810 (la famille Bernadotte est toujours la famille régnante de Suède aujourd’hui).
Mais que ce serait-il passé si Bernadotte avait pris son bateau pour les Amériques en 1802 ? Codex Urbanus imagine alors le palais royal de la Nouvelle-Orléans, siège de cette nouvelle monarchie américaine, à l’instar du Palais Sans-Souci du Roi Christophe à Haïti. Une résidence princière pour une nouvelle dynastie américaine, en phase avec les plans de l’Empereur qui avait lui-même prévu sa fuite vers les USA après Waterloo, située au bord du Bayou Saint-Jean sous les chênes de Virginie et les cyprès chauves, là où Codex Urbanus à passé quelques années au siècle dernier…

 

 

Couloir : « Codex Urbanus, traversant la rue Caulaincourt »

Si on ne doit retenir qu’un seul tableau du Château de Malmaison, ce serait bien évidemment l’immense « Bonaparte Franchissant le Grand Saint-Bernard » de jacques-Louis David (1801) qui se trouve dans la salle Marengo. Il s’agit d’un tableau de propagande, le fier conquérant sur son cheval cabré dans ce geste dramatique n’ayant que peu de lien avec la réalité de ce moment, où un jeune Napoléon Bonaparte probablement épuisé se hissait sur le col à dos de mule, et pas du tout de cheval cabré. Mais c’est la beauté de l’art que de pouvoir ainsi manipuler la réalité, et, toutes proportions gardées, Codex Urbanus, dont les conquêtes guerrières sont beaucoup plus limitées, décide de s’inspirer de ce tableau célèbre pour incarner le moment où, au milieu de la nuit, il erre dans les rues de Montmartre pour dessiner sur les murs. Certes, il n’est pas plus juché sur une chimère que Bonaparte ne l’était sur un pur-sang, certes il ne traverse pas la rue le bras levé dans un geste de conquête jubilatoire avec un marqueur dans la main, certes Montmartre n’est pas complètement les Alpes, et certes nous ne sommes pas sur le même format... Mais dans le fond, est-ce qu’une telle exposition, à la fois sauvage et impériale, ne méritait pas ce petit clin d’œil de l’égo pour célébrer cette rencontre inattendue entre le street art conquérant et le musée éternel ?

 

 

 

 

 

 

 


 

Fabrication de l'éléphant de la Bastille : création du bronze à la Fonderie d’Art Rosini.