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Arrivée du camion de transport d’œuvres au château de Malmaison
Arrivée du tableau de Pierre-Paul Prud'hon, L'impératrice Joséphine dans le parc de Malmaison © Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau

Chefs-d'œuvre en mouvement

L’Impératrice Joséphine revient à Malmaison, Le Premier Consul part pour le Louvre

Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand Saint-Bernard est exceptionnellement prêté au musée du Louvre pour l’exposition dédiée à son auteur, Jacques-Louis David (1748-1825), qui se tiendra du 15 octobre 2025 au 26 janvier 2026. Pendant cette période, le Louvre confie en retour au château de Malmaison L’Impératrice Joséphine dans le parc de Malmaison de Pierre-Paul Prud’hon (1758-1823), que les visiteurs peuvent désormais admirer dans le salon de l’Empereur.

L’Impératrice Joséphine dans le parc de Malmaison, l’une des images les plus connues de l’Impératrice, fut exécutée à partir de 1805 et ne semble pas avoir été achevée avant le divorce du couple impérial. Prud’hon avait d’abord songé à un portrait en buste, qu’il laissa finalement inachevé, et que l’on peut aujourd’hui admirer dans le salon de l’Empereur à Malmaison. Il se ravisa, probablement après l’accession au trône, et se décida pour une représentation plus imposante. Guillaume-Jean Constantin, conservateur des peintures de l’Impératrice, et le peintre Jean-Baptiste Isabey semblent avoir incité Joséphine à commander ce portrait pour lequel, selon Jean Guiffrey, premier biographe de Prud'hon (1924), le peintre aurait obtenu quinze séances de pose. Il étudia différentes attitudes, dont une petite esquisse peinte (présentée dans l’antichambre), et des dessins préparatoires en témoignent.

Celle retenue présente une parenté avec plusieurs portraits de l’époque, tels celui de Madame Récamier par François Gérard (1805, musée Carnavalet) ou de Madame Bonaparte par le même artiste (1801, copie exposée dans la salle du Conseil) ; Prud’hon en a imité le canapé en « sculptant » le rocher. La teinture mélancolique a été mise en relation avec le pressentiment du divorce. Cette mise en scène d’un modèle somptueusement vêtu dans un cadre paysager sans apprêt trahit l’influence du portrait anglais du siècle précédent. Muse sylvestre, Joséphine semble participer à la nature qui l’entoure ; le châle, qui épouse le corps et dont le rouge vermillon résonne avec force sur le vert des feuillages, évoque une rivière.

Le lieu ne peut être localisé, mais dans quel autre parc que Malmaison l’Impératrice aurait-elle pu être immergée ? Le domaine était son œuvre et son refuge. En outre, un indice botanique décisif figure en bas à droite : le peintre a copié un pied de Josephinia Imperatricis d’après une planche de Redouté tirée du Jardin de la Malmaison (1803-1804).

Le grand portrait, tout juste achevé, fut remarqué en décembre 1809 par Madame de Chastenay dans la grande galerie du château, actuel Salon de musique. Passé par héritage chez la reine Hortense, à Arenenberg, puis à son fils Louis-Napoléon, le tableau fut exposé au palais des Tuileries lorsque ce dernier devint Empereur. L’œuvre fut retenue par l’État après sa mort, au titre des biens présentant « un certain intérêt historique ou artistique », puis attribuée au Louvre par décision judiciaire en 1879.

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